vendredi 16 novembre 2012

X comme...

J'aurais pu écrire sur Iannis Xénakis et sa musique électroacoustique  ou sur Jin Xing, danseuse et chorégraphe chinoise et sa compagnie de ballet à Shanghai, mais je ne les connais pas assez pour les admirer de façon personnelle, subjective et sélective. Donc, avant le Y et le Z plus inspirants pour moi, le X pour tous ceux qui n'ont pu être cités dans cet abécédaire, puisque la "règle du jeu" était de choisir une personne par lettre, sans trop d'état d'âme... Et pourtant, il y en a tant que j'admire et que j'aime, alors l'occasion était trop belle pour établir cette liste, clin d’œil à Monsieur Eco, - forcément non-exhaustive -  à la façon d'un palmarès dans le désordre de mes goûts éclectiques:


Pour la musique:

Michel Legrand, le magicien, Francis Lai, saltimbanque inspiré, Vladimir Cosma et sa bonne humeur, Monthy Alexander, Paolo Fresu, Tania Maria, Richard Galliano, sans oublier, Mozart, Villa-Lobos, Fauré, Brel, Sarah Vaughan...et quelques centaines d'autres - je ne pourrais tout simplement pas vivre sans la musique!

Pour les livres:

Marguerite Duras, Stefan Zweig, Barbara Pym, Anita Brookner, Marcel Pagnol, Sénèque, E.M. Forster, D.H.Lawrence, Colette, Umberto Eco, et Racine pour Bérénice...et ma bibliothèque....!!!!

Pour le cinéma:

Lelouch, Demy,  Wong Kar Wai, Scola, Donen, De Sica, Truffaut, Pollack, Fellini,  Jewison, Losey, Serreau, et ceux qui disent "moteur" pour nous entraîner loin dans leur monde... et Robert Redford pour "the Way We Were", et Mastroianni pour tout!...Et Samy Frey... Sans oublier mon ami Jean-Marie Juan, que l'on ne voit pas assez sur les écrans!

Pour les peintres:

Fragonard et sa balançoire, le douanier Rousseau et son tigre dans les feuilles, les aplats de Nicolas de Staël, le Londres de Turner, Van Gogh, les Infantes de Vélasquez, Klimt et ses ors, les Impressionnistes, et Renoir, et Carl Larsson, et tant d'autres...

Et puis aussi:

Le chauffeur de taxi qui sourit malgré la pluie, la postière qui court pour ajouter la lettre urgente sur la pile qui part déjà, les inconnus  solidaires, ceux qui donnent avec le cœur et non pour la reconnaissance...

Et VOUS, si vous me disiez en commentaire ou en privé qui vous aimez et admirez ?

vendredi 2 novembre 2012

W comme... Weed Mary

Selon Sénèque - qui occupe une place particulière parmi les auteurs, penseurs, philosophes que j'admire - " la vie ressemble à un conte; ce qui importe, ce n'est pas la longueur, mais sa valeur".

Alors quel beau conte que ta vie, trop courte cependant, petite Mary,  Mary Weed-Pickens, mon amie!

Nous n'avons pas fréquenté le banc de la Péniche, rue St Guillaume, la même année, mais qu'importe, lorsque nous nous sommes trouvées, nous n'avons pas perdu une seconde de cette amitié complice. Messages tôt le matin et tard le soir, coups de fil, et puis bien sûr, la pièce de théâtre, les Amazones du crabe, écrite en pleine chimiothérapie, lorsque de ton lit d'hôpital tu trouvais la force de crier ton indignation contre ta leucémie, et que tu mettais en scène des femmes de cultures différentes pour montrer comment chacun réagit à cet état de choc, lorsqu'on apprend du jour au lendemain que l'avenir est incertain.

(Petit aparté: en tombant malade, on réalise soudain que l'on est mortel - mais nous le sommes tous, à tout instant, jeunes comme vieux... Alors, sans être morbide, soyons-en conscients dans notre existence journalière, et relisons La vie heureuse de Sénèque, encore lui! )

Mais ce n'est pas seulement pour cette belle aventure humaine que je parle de toi, ici, c'est pour tout le reste.

J'admirais en toi cette vision "rafraîchissante" que tu avais de la vie. Tu aimais les gens pour ce qu'ils étaient et non pas pour ce qu'ils représentaient. Tu t'adressais à l'être humain, à ce qui nous relie tous, à notre dénominateur commun, sans t'arrêter aux étiquettes, aux apparences. Et puis surtout, tu t'affranchissais des barrières qui encerclent et engoncent bien des vies, comme un manteau trop étriqué. Ton leitmotiv aurait pu être " Et pourquoi pas?", et c'est en cela que nous nous rejoignions aussi. Tout essayer, tout tenter, sans crainte de l'échec, pour continuer d'avancer, pour progresser. Une chose ne marchait pas? Qu'à cela ne tienne, il devait bien y avoir un autre moyen. N'avais-tu pas intitulé ton site web "life can work"?

Tu étais déterminée, combative, tu essayais de cerner et de développer le meilleur chez autrui: tu étais une inspiration, un exemple, une belle âme qui enrichissait tous ceux qui avaient la chance de te rencontrer et qui n'allaient plus t'oublier.

Tu me manques souvent. Et je sais que je ne suis pas la seule...