samedi 20 octobre 2012

V comme... Vian, Villon, Virgile (suite de l'abécédaire)

Boris Vian
Boris, François, Publius et les autres... Paul Verlaine, Alfred de Vigny...

Ce n'est pas faute d'inspiration que j'ai décidé de parler de plusieurs auteurs à la lettre V, plutôt une manière d'honorer la poésie, aussi diverse que riche en émotions, en souvenirs...

Il semble qu'elle nous ramène toujours à notre enfance, à l'heure d'apprendre une récitation pour le lendemain: parfois simplement quelques strophes, en s'appliquant pour "mettre le ton",  pour pouvoir la dire, debout, devant toute la classe, sans avoir l'air de réciter:

"Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur (...) "

Et on attendra encore une semaine pour découvrir la fin du poème de Verlaine.

Plus tard, c'est avec une certaine appréhension mêlée de curiosité que l'on commence à scander les vers latins, à repérer les césures, à démonter le mécanisme pour arriver à la beauté du sens. J'écrivais "Fugit irreparabile tempus" de Virgile sur la toile de mes classeurs: le temps fuit sans retour, il y a des vers qui vous suivent toute une vie...

" L'art d'aimer" d'Ovide ( désolée, ce n'est pas un poète en V), était si intéressant qu'il fallait le traduire à tous prix, ses conseils traversaient le temps!

(Publius) Virgile


Petits, on a l'impression que les poètes sont des intouchables, des êtres parfaits, des sortes de dieux vivants qui s'expriment différemment que le commun des mortels. Un jour, on apprend que Villon, l'auteur de la Ballade des Dames du temps jadis,  avait été poursuivi pour meurtre, que beaucoup trouvaient leur inspiration grâce à des substances illicites.

Francois Villon


J'aime ces vers de Vian " Je veux une vie en forme de toi" et ceux de ses poèmes, ses chansons:  j'ai du mal à imaginer que l'Ecume des Jours ne remporta pas un succès immédiat et pourtant, Vian l'inspiré, qui écrivait, chantait, aimait le jazz, vécut longtemps dans la précarité, dans un petit studio, avec sa deuxième femme, Ursula, que l'on retrouve dans ce passage magnifique de " Je voudrais pas crever"- surtout lorsqu'il est chanté par Serge Reggiani:

(...) Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux (...)


La poésie est la musique des mots par excellence, elle les élève, les précipite, les fait tournoyer. Même dans une langue inconnue, écouter de la poésie nous berce ou nous emporte dans un univers imaginaire, propre à chacun...

N'oubliez pas,  en dehors des manuels de récitation, les poètes existent aussi; j'en ai rencontré.

dimanche 14 octobre 2012

Impressions marocaines...

Impossible de résumer une semaine si riche, si foisonnante, si vibrante, alors plutôt livrer, ici, quelques touches impressionnistes pour tenter de décrire au plus près ce vécu encore frais.

C'était l'hospitalité chaleureuse d'un ami
au cœur généreux, des petits déjeuners d'échanges avec des musiciens, photographes, conteurs...

Des apartés dans un jardin fleuri d'hibiscus. Des passerelles entre des vies si différentes et pourtant si proches.

Des retrouvailles inattendues, des clins d’œil du destin, des chemins croisés.

La lumière dorée d'une fin d'après-midi entre les oliviers et celle, irisée, du soleil à travers la brume de mer, le sable mouillé, les rouleaux au loin et le rocher du Marabout, tel un mirage. Le voyage musical sous un ciel qui brille, les tajines de l'amitié qui parle toutes les langues. La poésie, déclamée, mais aussi celle de chaque instant, impromptue et forte.

J'ai collectionné précieusement ces cadeaux de la vie, beaucoup de sourires, de rires. Des regards. Tout ce que l'on a dit et aussi ce que l'on aurait voulu dire.

En survolant Casablanca la blanche déjà plongée dans l'obscurité, petites lumières surlignant les rues, Grande Mosquée dressée vers le ciel, frange claire des vagues de la Corniche, dans le silence un peu surréaliste de cette grande ville vue du hublot de l'avion, déjà un peu de nostalgie, mais aussi beaucoup de joie récoltée, et des projets plein la tête pour retrouver très vite cette magie.

On ne quitte pas un lieu, on l'emporte avec soi...

(tous les détails de cet événement culturel et artistique sur le site: http://cometomyhome.net/index.html et bientôt un reportage filmé)