lundi 31 décembre 2012

Avant de retourner le sablier...

Chaque 31 décembre, on compte les heures qu'il reste, comme les derniers grains d'un sablier, en faisant un rapide bilan de l'année qui vient de s'écouler...

Bons et mauvais moments se mélangent finalement au fond du verre, on ne distingue plus très bien les aspérités, mais en tous cas, rien ne se perd; chacun, selon son degré d'optimisme, cache plus ou moins les chagrins sous une couche de rires, on remet les événements en perspective, on classe les sédimentations des derniers mois.

Et puis dans quelques heures, le sablier va se retourner une nouvelle fois: même si l'on se défend d'y penser, même si l'on va se coucher avant minuit avec un léger haussement d'épaules pour ceux qui s'embrasseront sous le gui, avec champagne et cotillons, on ne peut ignorer ce passage obligé vers l'inconnu d'une  année toute neuve, car si rien ne se perd, tout peut se transformer... A l'inquiétude de l'inconnu, je préfère l'espoir de cette demi-boule de verre, encore vide mais déjà pleine de tous les possibles qui nous attendent en 2013. Et de nos bonnes résolutions!

Et comme mon prochain roman parlera du cœur dans tous ses états - au propre comme au figuré -, je vous souhaite un cœur assez grand pour additionner sans nécessairement soustraire, pour multiplier sans diviser; un cœur capable d'abolir les distances géographiques pour ne garder que la proximité et la chaleur des sentiments vrais et forts.

Et je vous souhaite aussi de rêver, de ne pas avoir peur de rêver même en grand, en technicolor...pensez à ce que disait André Maurois, " Le monde progresse grâce aux choses impossibles qui ont été réalisées"...

Enfin, n'oubliez surtout pas que le sablier est trompeur: on a l'impression d'avoir tout le temps du monde, c'est assez lent, le passage est si étroit comparé à la masse de sable... on peut aller faire un tour, couler un bain, courir en forêt, s'endormir... Attention! c'est la fuite en avant, les grains de sable qui se précipitent: d'un seul coup, il y en a de moins en moins, la preuve, dans quelques heures, il n'y en aura plus, et l'on ignore combien de fois le sablier se retournera encore pour nous...

Alors mes amis, mes êtres chers, mes amours, en 2013, vivez pleinement chaque instant, souriez, riez, pleurez de joie ou d'émotion, et à l'instar de Finn (*), suivez l'injonction du poète mystique persan Rumi, 

Wherever you are, and whatever you do, be in love! (**)


(*) Finn Martin, ami, "frère", artiste, parti trop tôt charmer les étoiles...
(**) Où que vous soyez, et quoi que vous fassiez, soyez amoureux!

mardi 25 décembre 2012

Z comme ... Zambaldi Roger

Vous me direz que l'occasion était trop belle, dernière lettre de l'alphabet, je choisis la facilité... Détrompez-vous, j'admire aussi Fred Zinnemann et son "train sifflera 3 fois", et Joe Zawinul du groupe Weather Report.

Non, si je termine mon abécédaire par mon père, Roger Zambaldi, c'est parce que j'avais envie de partager un peu avec vous, le plus vénitien des Parisiens, ou le plus parisien des Vénitiens.

Je ne vous raconterai ni les parties de badmington dans les prairies de nos vacances ni l'homme exemplaire qu'il a été aux côtés de sa femme - je l'avais évoqué dans ce blog, il y a trois ans, dans un hommage à ma mère -  Quant au reste, comme l'avait si bien écrit Huguette Maure, " tout se sait entre un père et une fille, à fleur de confidence retenue, de regards doux et calmes, de gestes nostalgiques"... Et ça, c'est notre histoire, elle n'appartient qu'à nous!

Je désire ici rassembler, éclairer, pour la première fois, quelques faits, quelques souvenirs: la petite Algérienne qui partagea brièvement mon lit d'enfant; Gustavo, abandonné sur un trottoir de Bogotá à qui je donnais le biberon avec précaution; cet homme, un soir à notre porte, avec, emballée dans un chiffon, une rose des sables de 10 kilos, qu'il avait taillée lui-même et qu'il tendit à mon père pour le remercier d'avoir fait soigner sa fille. 

Ou encore la première fois que j'ai vu les cygnes sur le lac, à Lausanne, en attendant mon père qui avait rendez-vous avec Edmond Kaiser, fondateur de Terre des Hommes.

C'est par les exemples qu'il m'a donnés, quand il a repris à son tour et dirigé bénévolement Terre des Hommes France, que j'ai appris la tolérance, l'amour de son prochain, l'éthique et la probité - fondements qui ont et continuent toujours à diriger sa vie, tant privée que professionnelle.

Dans son Rapport Moral de 1970, que je suis en train de relire et qui mériterait d'être repris en intégralité, mon père soulignait une des valeurs de cette organisation, l'anonymat: " on n'entre pas, on ne travaille pas à Terre des Hommes pour se faire un nom, pour recevoir des titres ou des remerciements."

Certes, mais permets-moi, Papa, de dire quand même haut et fort, surtout en ce 25 décembre, ces principes intemporels que tu énonçais devant ces hommes et ces femmes, ouvriers, chefs d'entreprise, catholiques, athées, communistes ou gaullistes, qui, tous ensemble, permettaient à des enfants d'être nourris, soignés, rescapés en Algérie, au Vietnam, en Inde, au Cameroun, au Biafra et ailleurs... Si selon le Talmud, quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier, alors toi...

Tu parlais de prise de conscience, de " la responsabilité de notre métier d'hommes, de notre appartenance à la famille humaine." Tu prouvais que l'on peut réussir le pari de vaincre la fatalité, que des forces dispersées et variées peuvent s'unir pour rendre possible l'impossible et faire naître un sourire sur le visage d'un enfant.

Grâce à toi, j'ai grandi au milieu de ces vérités qui ne restaient pas que de vains mots, des discussions passionnées,  des réunions hebdomadaires à la maison, des photos qui circulaient, grands yeux d'enfants plus ou moins de mon âge, petits corps affamés. Je t'ai entendu, au téléphone, trouver des places d'avion pour le bout du monde, des chirurgiens pour opérer, gratuitement, parce qu'on ne pouvait résister à ta foi en la solidarité, toi qui citait souvent Saint-Exupéry et son Petit Prince... " Responsables un peu du destin des hommes dans la mesure de notre travail (...) liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous."

Pour tout cela, et beaucoup plus encore, merci du fond du cœur, et Bon Noël, Papa!

dimanche 9 décembre 2012

Y comme... Yvette Z'Graggen

Ah Yvette, grande dame de la littérature suisse romande, ou plutôt de la littérature tout court, mais surtout Yvette, mon amie, si chère, si proche, si attentive!

J'ai eu le privilège de faire partie du cercle de ses intimes. Les décennies qui nous séparaient ne pesaient guère sur notre amitié réciproque. Je lui répétais qu'elle était ma plus jeune amie, celle à laquelle je pouvais confier mes joies et mes peines et elle aussi, partageait ses pensées, ses projets, car elle en avait, toujours ... Entre nous, pas question d'une relation de mère à fille, d'ailleurs elle avait déjà sa fille dont elle était très fière, et moi une mère que j'adorais. Non, ni mère, ni grand-mère, une vraie amie, voilà tout, jusqu'à son dernier souffle, nous nous comprenions à mi-mots.

Je me souviens, en été, des déjeuners en terrasse ou des dîners sous les lampions près du lac, au Creux de Genthod. Ils se terminaient par des glaces, une cassate pour elle, souvent prétexte à des flash-back sur l'Italie qu'elle aimait tant, qu'elle avait bien connue, lorsqu'elle travaillait à la Société Européenne de culture à Venise, les années après-guerre; elle évoquait un repas au Danieli avec le pen-club, le regard d'un bel Italien... Le sien restait brillant, les années ne changeaient en rien son pouvoir de séduction sur les hommes et les femmes qui l'approchaient au cours de séances de dédicaces. Mis à part la vivacité de ses yeux et son charme, c'était aussi son merveilleux talent d'écoute qui frappait: curieuse du monde, n'ayant pas peur de poser les vraies questions, même dérangeantes, comme la position de la Suisse pendant la guerre.

Elle avait commencé à écrire très tôt pour ne plus s'arrêter:  petite fille, dans des carnets, et puis, jeune femme, bousculant les idées reçues, la place des jeunes filles de la bourgeoisie genevoise dont elle faisait partie; "la vie attendait " (1944) mais elle, elle était impatiente de la vivre. Plus tard, sur un ton à la Sagan elle narrait les hésitations d'une femme mûre pour son voisin plus jeune, le temps d' "un été sans histoire" (1962). Son écriture, fluide, rapide, sans superflu, avait une modernité sans âge. Je mets au défi un lecteur non prévenu de deviner l'âge de l'écrivaine de ses derniers romans, dont "Juste avant la pluie ", titre que je lui envie - elle le savait.

Plus de vingt livres traduits dans plusieurs langues, de nombreux prix littéraires dont le Prix Schiller, le Prix Lipp suisse, récemment, le prix Edouard Rod dont elle se réjouissait sans savoir qu'elle ne serait plus là pour le recevoir en personne. Elle  a aussi traduit d'autres écrivains,  de l'italien ou de l'allemand, dont Max Frisch, a été productrice d'émissions culturelles et littéraires à la Radio Suisse Romande, et travaillé avec Benno Besson à la Comédie de Genève.

Elle s'intéressait à l'actualité, au présent plus qu'au passé: elle préférait commander ses courses sur son Mac plutôt que de rechercher des photos d'archives sur le Net, et je la trouvais parfois très irritée par un problème d'imprimante!

Par téléphone, je l'emmenais encore se promener dans des villes où elle regrettait ne plus pouvoir aller, Berlin, Paris, Londres, même Tokyo... pour tenter de compenser un peu l'injustice de la vie,  lorsque le corps vieillit plus vite que l'esprit.

J'aurais encore beaucoup à dire sur elle, Yvette Z'Graggen, mais je me sens soudain mal à l'aise en écrivant cet article: l'imparfait me pèse, je n'ai plus envie de penser à tous ces souvenirs et surtout à nos rendez-vous hebdomadaires que la mort a interrompus. Je préfère me tourner vers son air complice et bienveillant qui me suit chaque fois que je passe devant la bibliothèque où j'ai posé un cadre avec son sourire...

Et je vous invite à la lire, pour que ses mots continuent de vivre. 


vendredi 16 novembre 2012

X comme...

J'aurais pu écrire sur Iannis Xénakis et sa musique électroacoustique  ou sur Jin Xing, danseuse et chorégraphe chinoise et sa compagnie de ballet à Shanghai, mais je ne les connais pas assez pour les admirer de façon personnelle, subjective et sélective. Donc, avant le Y et le Z plus inspirants pour moi, le X pour tous ceux qui n'ont pu être cités dans cet abécédaire, puisque la "règle du jeu" était de choisir une personne par lettre, sans trop d'état d'âme... Et pourtant, il y en a tant que j'admire et que j'aime, alors l'occasion était trop belle pour établir cette liste, clin d’œil à Monsieur Eco, - forcément non-exhaustive -  à la façon d'un palmarès dans le désordre de mes goûts éclectiques:


Pour la musique:

Michel Legrand, le magicien, Francis Lai, saltimbanque inspiré, Vladimir Cosma et sa bonne humeur, Monthy Alexander, Paolo Fresu, Tania Maria, Richard Galliano, sans oublier, Mozart, Villa-Lobos, Fauré, Brel, Sarah Vaughan...et quelques centaines d'autres - je ne pourrais tout simplement pas vivre sans la musique!

Pour les livres:

Marguerite Duras, Stefan Zweig, Barbara Pym, Anita Brookner, Marcel Pagnol, Sénèque, E.M. Forster, D.H.Lawrence, Colette, Umberto Eco, et Racine pour Bérénice...et ma bibliothèque....!!!!

Pour le cinéma:

Lelouch, Demy,  Wong Kar Wai, Scola, Donen, De Sica, Truffaut, Pollack, Fellini,  Jewison, Losey, Serreau, et ceux qui disent "moteur" pour nous entraîner loin dans leur monde... et Robert Redford pour "the Way We Were", et Mastroianni pour tout!...Et Samy Frey... Sans oublier mon ami Jean-Marie Juan, que l'on ne voit pas assez sur les écrans!

Pour les peintres:

Fragonard et sa balançoire, le douanier Rousseau et son tigre dans les feuilles, les aplats de Nicolas de Staël, le Londres de Turner, Van Gogh, les Infantes de Vélasquez, Klimt et ses ors, les Impressionnistes, et Renoir, et Carl Larsson, et tant d'autres...

Et puis aussi:

Le chauffeur de taxi qui sourit malgré la pluie, la postière qui court pour ajouter la lettre urgente sur la pile qui part déjà, les inconnus  solidaires, ceux qui donnent avec le cœur et non pour la reconnaissance...

Et VOUS, si vous me disiez en commentaire ou en privé qui vous aimez et admirez ?

vendredi 2 novembre 2012

W comme... Weed Mary

Selon Sénèque - qui occupe une place particulière parmi les auteurs, penseurs, philosophes que j'admire - " la vie ressemble à un conte; ce qui importe, ce n'est pas la longueur, mais sa valeur".

Alors quel beau conte que ta vie, trop courte cependant, petite Mary,  Mary Weed-Pickens, mon amie!

Nous n'avons pas fréquenté le banc de la Péniche, rue St Guillaume, la même année, mais qu'importe, lorsque nous nous sommes trouvées, nous n'avons pas perdu une seconde de cette amitié complice. Messages tôt le matin et tard le soir, coups de fil, et puis bien sûr, la pièce de théâtre, les Amazones du crabe, écrite en pleine chimiothérapie, lorsque de ton lit d'hôpital tu trouvais la force de crier ton indignation contre ta leucémie, et que tu mettais en scène des femmes de cultures différentes pour montrer comment chacun réagit à cet état de choc, lorsqu'on apprend du jour au lendemain que l'avenir est incertain.

(Petit aparté: en tombant malade, on réalise soudain que l'on est mortel - mais nous le sommes tous, à tout instant, jeunes comme vieux... Alors, sans être morbide, soyons-en conscients dans notre existence journalière, et relisons La vie heureuse de Sénèque, encore lui! )

Mais ce n'est pas seulement pour cette belle aventure humaine que je parle de toi, ici, c'est pour tout le reste.

J'admirais en toi cette vision "rafraîchissante" que tu avais de la vie. Tu aimais les gens pour ce qu'ils étaient et non pas pour ce qu'ils représentaient. Tu t'adressais à l'être humain, à ce qui nous relie tous, à notre dénominateur commun, sans t'arrêter aux étiquettes, aux apparences. Et puis surtout, tu t'affranchissais des barrières qui encerclent et engoncent bien des vies, comme un manteau trop étriqué. Ton leitmotiv aurait pu être " Et pourquoi pas?", et c'est en cela que nous nous rejoignions aussi. Tout essayer, tout tenter, sans crainte de l'échec, pour continuer d'avancer, pour progresser. Une chose ne marchait pas? Qu'à cela ne tienne, il devait bien y avoir un autre moyen. N'avais-tu pas intitulé ton site web "life can work"?

Tu étais déterminée, combative, tu essayais de cerner et de développer le meilleur chez autrui: tu étais une inspiration, un exemple, une belle âme qui enrichissait tous ceux qui avaient la chance de te rencontrer et qui n'allaient plus t'oublier.

Tu me manques souvent. Et je sais que je ne suis pas la seule...

samedi 20 octobre 2012

V comme... Vian, Villon, Virgile (suite de l'abécédaire)

Boris Vian
Boris, François, Publius et les autres... Paul Verlaine, Alfred de Vigny...

Ce n'est pas faute d'inspiration que j'ai décidé de parler de plusieurs auteurs à la lettre V, plutôt une manière d'honorer la poésie, aussi diverse que riche en émotions, en souvenirs...

Il semble qu'elle nous ramène toujours à notre enfance, à l'heure d'apprendre une récitation pour le lendemain: parfois simplement quelques strophes, en s'appliquant pour "mettre le ton",  pour pouvoir la dire, debout, devant toute la classe, sans avoir l'air de réciter:

"Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur (...) "

Et on attendra encore une semaine pour découvrir la fin du poème de Verlaine.

Plus tard, c'est avec une certaine appréhension mêlée de curiosité que l'on commence à scander les vers latins, à repérer les césures, à démonter le mécanisme pour arriver à la beauté du sens. J'écrivais "Fugit irreparabile tempus" de Virgile sur la toile de mes classeurs: le temps fuit sans retour, il y a des vers qui vous suivent toute une vie...

" L'art d'aimer" d'Ovide ( désolée, ce n'est pas un poète en V), était si intéressant qu'il fallait le traduire à tous prix, ses conseils traversaient le temps!

(Publius) Virgile


Petits, on a l'impression que les poètes sont des intouchables, des êtres parfaits, des sortes de dieux vivants qui s'expriment différemment que le commun des mortels. Un jour, on apprend que Villon, l'auteur de la Ballade des Dames du temps jadis,  avait été poursuivi pour meurtre, que beaucoup trouvaient leur inspiration grâce à des substances illicites.

Francois Villon


J'aime ces vers de Vian " Je veux une vie en forme de toi" et ceux de ses poèmes, ses chansons:  j'ai du mal à imaginer que l'Ecume des Jours ne remporta pas un succès immédiat et pourtant, Vian l'inspiré, qui écrivait, chantait, aimait le jazz, vécut longtemps dans la précarité, dans un petit studio, avec sa deuxième femme, Ursula, que l'on retrouve dans ce passage magnifique de " Je voudrais pas crever"- surtout lorsqu'il est chanté par Serge Reggiani:

(...) Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux (...)


La poésie est la musique des mots par excellence, elle les élève, les précipite, les fait tournoyer. Même dans une langue inconnue, écouter de la poésie nous berce ou nous emporte dans un univers imaginaire, propre à chacun...

N'oubliez pas,  en dehors des manuels de récitation, les poètes existent aussi; j'en ai rencontré.

dimanche 14 octobre 2012

Impressions marocaines...

Impossible de résumer une semaine si riche, si foisonnante, si vibrante, alors plutôt livrer, ici, quelques touches impressionnistes pour tenter de décrire au plus près ce vécu encore frais.

C'était l'hospitalité chaleureuse d'un ami
au cœur généreux, des petits déjeuners d'échanges avec des musiciens, photographes, conteurs...

Des apartés dans un jardin fleuri d'hibiscus. Des passerelles entre des vies si différentes et pourtant si proches.

Des retrouvailles inattendues, des clins d’œil du destin, des chemins croisés.

La lumière dorée d'une fin d'après-midi entre les oliviers et celle, irisée, du soleil à travers la brume de mer, le sable mouillé, les rouleaux au loin et le rocher du Marabout, tel un mirage. Le voyage musical sous un ciel qui brille, les tajines de l'amitié qui parle toutes les langues. La poésie, déclamée, mais aussi celle de chaque instant, impromptue et forte.

J'ai collectionné précieusement ces cadeaux de la vie, beaucoup de sourires, de rires. Des regards. Tout ce que l'on a dit et aussi ce que l'on aurait voulu dire.

En survolant Casablanca la blanche déjà plongée dans l'obscurité, petites lumières surlignant les rues, Grande Mosquée dressée vers le ciel, frange claire des vagues de la Corniche, dans le silence un peu surréaliste de cette grande ville vue du hublot de l'avion, déjà un peu de nostalgie, mais aussi beaucoup de joie récoltée, et des projets plein la tête pour retrouver très vite cette magie.

On ne quitte pas un lieu, on l'emporte avec soi...

(tous les détails de cet événement culturel et artistique sur le site: http://cometomyhome.net/index.html et bientôt un reportage filmé)

mardi 11 septembre 2012

U comme... Uytterhoeven Pierre

Avez-vous déjà vu ce nom? Sûrement! Où? Dans des génériques de films, à la télévision. C'est un nom que l'on survole avec les yeux, sans le prononcer. En tous cas, un nom à retenir: Pierre Uytterhoeven est avec Claude Lelouch le co-scénariste d'" Un homme et une femme" qui a remporté  l'Oscar du meilleur scénario original en 1967. Lui n'est pas allé le chercher à Los Angeles, il assistait Marguerite Duras sur "La musica".

Nominé de nouveau en 1974 pour le scénario de "Toute une vie", toujours Lelouch, avec lequel il a travaillé et co-écrit, entre autres, "Vivre pour vivre", "Un homme qui me plaît", "La bonne année"... Car il ne faut pas croire les rumeurs: chez Lelouch, on tourne toujours à partir d'un vrai scénario.

... après l'IDHEC, (où je regrette de ne pas avoir étudié), Pierre Uytterhoeven est devenu critique de films et journaliste, à Positif,  à Télérama, pour parler et rencontrer les gens du cinéma qu'il aimait ( quelle bonne idée! ). Pour Lelouch, il est même devenu chauffeur, et puis assistant, avant de donner libre cours à son penchant pour les idées, les scènes, les répliques. Ses dialogues se tissent avec ceux de Lelouch; Claude est  aussi actif et instinctif que Pierre est contemplatif et réactif: mais les deux hommes, souvent différents dans leurs convictions ou leurs idées, travaillent bien ensemble, unis par l'amour des films et du 7ème art. Aussi pour leur goût des femmes et des voitures, comme il le reconnaît dans une interview; " nous sommes tous les deux Scorpions, séducteurs, créateurs (...)".

Si, au passage, il perd la paternité d'une phrase, d'une anecdote, il ne s'en offusque pas... - De toutes façons, lorsqu'on travaille sur un projet à deux, les egos respectifs doivent être remisés dans un fond de placard -.

Il a également travaillé avec Michel Drach - Le passé simple -, Serge Korber - Les feux de la Chandeleur, magnifique,et puis seul maître à bord, notamment pour la télévision.

Avec Lelouch, il partage la vision de la vie, telle un labyrinthe dont il faudrait chercher patiemment la sortie" : " dans l'écriture d'un scénario , on débranche toujours le GPS... pour connaître le plus tard possible l'image de fin, la sortie du labyrinthe", dit-il. Et Lelouch de souligner que " nous ne savons jamais si nous vivons un moment anodin ou riche en retombées. Je veux filmer cela, dire aux gens qu'ils peuvent vivre à tout instant la plus belle seconde de leur vie, qu'ils doivent rester vigilants...." (in " Claude Lelouch Mode d'Emploi ", de Yves Alion et Jean Ollé-Laprune, Ed. Calmann-Lévy).

Je tenais à mentionner Pierre Uytterhoeven, à faire ressortir son nom des génériques, comme devraient l'être d'ailleurs ceux de nombreux scénaristes et dialoguistes talentueux et indispensables qui se cachent trop souvent derrière des acteurs ou de metteurs en scène plus connus du public.

Et pour le plaisir, ce monologue de Jean-Louis Trintignant, un homme, qui roule toute la nuit, sous la pluie, de Monte-Carlo à Paris parce qu'Anouk Aimée, une femme, lui a envoyé un télégramme...

http://www.youtube.com/watch?v=G6q2uvZziOI

(lien à copier-coller dans votre moteur de recherches, impossible de l'insérer directement dans ce message...et pourtant, c'est à revoir!!)

lundi 13 août 2012

Impressions contrastées...

Il y a quelques jours, à un carrefour, on a ouvert ma portière de passagère et on m'a volé mon sac, posé à plat sur mes genoux. Je devrais dire "arraché" mon sac des mains, car lorsque j'ai senti qu'on me le prenait, je l'ai instinctivement agrippé jusqu'à me faire saigner les doigts...

Nul besoin de s'étaler sur le lieu ou le profil des deux individus qui en scooter ont voulu faire comme à la télé, de minables voyous à la petite semaine... Et loin de moi, l'envie de commencer une conversation de bistrot du commerce sur la violence des temps qui courent... Malheureusement, depuis l'Antiquité d'Homère en passant par la Cour des Miracles de Louis XIV, et jusqu'à nos jours,  il y a toujours eu des voleurs qui s'enfuient, à pied, à cheval ou en moto.

Je désire plutôt partager quelques impressions contrastées autour de cet incident.

J'ai constaté encore une fois - et de façon presque inquiétante -  combien la mémoire est sélective ou plutôt comment elle se fragmente pour ne retenir que quelques détails: ma pochette, le réflexe de ne pas la laisser à mon agresseur, dont je ne me rappelle rien, à part un casque... Quelques secondes trop longues et la pochette qui s'éloigne, au ralenti, tandis que mon esprit s’affole de la perte d'objets utiles et d'autres, précieux dans leur valeur sentimentale.

Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé le danger encouru, un mauvais coup de pied, de canif, bêtement, pour trois fois rien en fin de compte;  il suffit de peu pour fabriquer des drames. Pour avoir peur, il faudrait voir le risque: dans le feu de l'action et la surprise, on ne voit rien. Évidemment, nous avons tous conscience de ce phénomène, mais c'est le jour que ça arrive à soi-même et pas aux autres qu'on l'appréhende pleinement.

Le contraste, c'est ensuite la gentillesse et l'empathie de l'entourage, des inconnus qui compatissent, des témoins qui veulent aider.

Toujours le meilleur de la nature humaine juxtaposé à l'un de ses côtés moins réjouissants.

Quelques heures plus tard, Michel Legrand, sur scène, avec des notes de piano cristallines, des violons pour pleurer, et un ciel étoilé - la grâce à l'état pur.

Encore ébranlée par ce qui venait de se dérouler, me revenaient en parallèle, les paroles de sa chanson Dans le même instant, qui souligne justement la simultanéité et les contrastes de la vie, la rendant si "aimable" malgré tout...






mercredi 8 août 2012

T comme... Thielemans Toots

C'est un jeune homme de 90 ans.
C'est un des Belges les plus connus à l'étranger.
C'est lui qui a donné ses lettres de noblesse à l'harmonica.
Et il siffle aussi.

Aux États-Unis plus qu'en Europe dès 1952, il joue dans la " cour des grands", avec Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Bill Evans, George Shearing, Natalie Cole, Paul Simon, Ivan Lins, Pat Metheny... (la liste est longue!)

Couronné par de nombreuses distinctions internationales, il sait être un hôte délicieux sur scène lorsqu'il s'adresse au public qu'il reçoit dans un théâtre ou un festival.

Au Victoria Hall, à Genève, où j'avais eu le bonheur de l'écouter, il a présenté un morceau en précisant qu'il l'avait composé, bien des années auparavant,  " pour son Papa", avec un léger tremblement ému dans la voix.

Vous avez entendu Toots Thielemans, même si vous ne connaissez pas son nom. Son harmonica enchante des films comme  Midnight Express, Jean de Florette, Nous irons tous au paradis, French kiss et beaucoup d'autres! C'est encore lui dans le "love theme" du film avec Steve McQueen et Ali MacGraw, The Getaway - un bijou!

Et puis il y a son très célèbre " Bluesette" qu'il a d'abord sifflé tout en s'accompagnant à la guitare... et qu'il a repris, avec des rythmes brésiliens, lui qui a aussi joué avec Astrud Gilberto et Elis Regina.

Toots joue de l'harmonica "comme on respire": soupirs langoureux d'une douceur infinie, tremblements passionnés, longues expirations sensuelles et libératrices, échos secrets, sa musique est autant privée - intérieure - que publique...

Il faut l'écouter en filant en voiture, vitres baissées, cheveux au vent, le long de la mer ou au milieu d'une allée de platanes, et se laisser emporter par ce mélange de bonne humeur et de nostalgie joyeuse...

C'est alors que l'on comprend encore mieux ce qu'il veut dire, lorsqu'il déclare se sentir le plus à l'aise dans le petit espace qui existe entre un sourire et une larme...( " I feel best in that little space between a smile and a tear.")

Chapeau bas,  Monsieur Thielemans!!!!


NB: Dans cette interprétation de Bluesette à Ahoy, à Rotterdam en 2009, on est impressionné de voir la force de l'harmonica de Toots face à cet orchestre symphonique.

vendredi 3 août 2012

S comme... Sautet Claude

Pour poursuivre - enfin!- l'abécédaire de ceux et celles que j'aime et admire  (choix toujours aussi difficile et forcément injuste) , à la lettre S, un grand monsieur du cinéma français au charme discret , Claude Sautet, dont on connaît souvent mieux les films que la photo.

Sautet ne se résume pas, on voudrait tout dire, ne rien oublier, et de penser à lui et à ses films pour lui rendre ce modeste hommage me donne envie de laisser là cet article pour revoir l'une de ses histoires - ou même toutes, allez, un petit festival personnel!

En attendant, je me suis souvent demandé si les étudiants de cinéma avaient parfois, en guise d'exercice,  à réfléchir sur le rôle de la pluie et des bistrots , deux constantes chez Sautet... La pluie-catalyseur, qui déclenche et provoque des situations, rapproche les gens, fait et défait les couples au milieu d'une rue ou d'une noce de campagne, vite, suivez-moi, j'ai ma voiture à deux pas, je vous en prie, je partage volontiers mon parapluie avec toi...

Et puis les bistrots, les conversations que l'on devine lorsque la caméra se fait voyeuse, derrière la vitre, parmi les volutes de fumée, les éclats de rire ou les coups de gueule, les larmes et les rires. Jean-Louis Bory avait tout à fait raison lorsqu'il écrivait dans le Nouvel Observateur,  le 20 novembre 1978: " il arrive qu'on sourie dans le film de Sautet, car Sautet réussit comme personne les plans de plein air radieux du bonheur des parties de campagne et des réunions chaudement amicales. Mais les larmes ne sont jamais loin, elles perlent au bord même du sourire..." Il commentait Une histoire simple et effectivement, les problématiques des films de Sautet (souvent en collaboration avec Jean-Loup Dabadie) sont simples: une femme qui hésite entre deux hommes, des maris, des femmes, des amants, des amis, la crise de la quarantaine, les déceptions professionnelles ou amoureuses: et pourtant! Avec lui la banalité des " choses de la vie" s'habille d'une profondeur qui touche le spectateur au cœur même de son intimité.

Il déclarait s'exprimer le mieux à travers ses personnages féminins: "sans doute à cause de leur besoin d'action, leur plus grand courage, leur intrépidité même." On pense à Romy Schneider, bien sûr, symbolisant la femme " d'une farouche indépendance qui entretient avec les hommes des rapports de force " mais aussi à ses héroïnes " en creux", qu'interprètent Marie Dubois, Ludmila Mikaël, Léa Massari ... Quant aux hommes, Piccoli, Montand, un jeune Depardieu, un merveilleux Reggiani... Souvenez-vous d'Hélène, de François, de Vincent, de Rosalie, et tous les autres, évidemment! Comme dans la vie, il n'y a pas vraiment de rôles secondaires chez Sautet, il suffit que le regard change de direction, que la caméra le suive, et les perspectives changent avec l'éclairage d'un visage.

Quand un journaliste de Libération lui demandait pourquoi il filmait, il répondait  " Parce que ça m'amuse. Parce que c'est un jeu. (...) Parce que, enfant, je suis resté timide et muet longtemps. (...) Et parce que les hasards de la vie - et la chance- ont fait que c'est devenu pour moi le seul moyen de communiquer". (Numéro hors série mai 1987).

Pour le connaître un peu plus, je recommande un livre précieux, " Conversations avec Claude Sautet" de Michel Boujut. (Je l'ai découvert grâce à une amie qui l'apprécie autant que moi!)

Et pour terminer, un extrait naturellement, même si, là encore, le choix est cornélien!!

Voici la fameuse scène du gigot, quand Vincent, François, Paul et les autres se lancent dans un règlement de compte tel qu'on peut seulement en avoir entre de véritables amis!









mardi 12 juin 2012

Extrait - in "Du coeur à l'ouvrage"


(...) Bientôt ce serait à son tour : elle n’avait pas envie qu’on vienne la chercher, la déranger, devoir se lever, quitter cette chaleur à laquelle elle finissait par s’accommoder, avec ses souvenirs en ricochets, sensations de petits bonheurs, souvent éphémères et pourtant tenaces, récurrents. Indispensables. Évidemment ce n’était pas leur valeur marchande qui leur conférait de l'importance, au contraire, la plupart d’entre eux étaient gratuits : le soleil, la mer, la nature, le ciel. Ah, les nuits de pleine lune sur le lac, les constellations infinies observées dans le silence nocturne de la montagne…

Elle avait eu de la chance : son père lui avait enseigné dès ses premiers pas à rester à l’écoute de ses cinq sens. Il lui avait fait là le cadeau le plus précieux, elle s’en rendait compte plusieurs fois par jour, surtout en mangeant : elle secoua les épaules car l’évocation de son père allait la rendre trop sensible et sourit en elle-même, en pensant à quelques repas de famille mémorables. Justement, le reportage suivant montrait des cuisines, du rouge, de l’acier, des éclairages sophistiqués et des commodes avec des grillages de poulailler. Il y manquait du pain de campagne, quelques bons fromages au lait cru, du saucisson ; dans les films français des années 70, les problèmes se dénouaient souvent à des heures improbables autour d’une omelette impromptue, accompagnée d’un verre de rouge et d’un camembert coulant. Est-ce que c’était cela être épicurienne? L’étiquette ne lui faisait pas peur, il y avait pire. Tout est lié, songea-t-elle, la sensibilité, la sensualité, une certaine idée de la beauté. Savoir goûter la saveur particulière d’un  aliment, c’est aussi comprendre la virtuosité d’un solo de violon, la fugacité d’un arc-en ciel sur l’asphalte, l’aplat d’un vermillon sur une toile ou la caresse furtive dans le creux d’une épaule.(...)

Pour retrouver ma nouvelle dans son intégralité, " Du cœur à l'ouvrage", Editions de l'Aire, 2012, Tous droits réservés (en librairies, sur le site de l'Aire et puis sur Amazon, etc...)

mercredi 6 juin 2012

Images "contre" mots....

Colorissimo sur Pinterest
Je culpabilise un peu.

Voici des semaines que je déserte mon propre blog et lorsque j'y passe en vitesse, je vois dans les statistiques qu'il y a eu plusieurs visiteurs, en Europe, Amériques, Moyen-Orient...

... J'ai l'impression de leur avoir fait faux-bond, d'avoir posé un lapin, de n'avoir pas été au rendez-vous tacite que je leur avais donné. Parce qu'un blog, c'est un peu cela, une invitation, comme lorsqu'on lance à des amis un "mais passez donc nous voir la semaine prochaine, nous serons à la maison...", c'est une porte entrebâillée qu'il suffit de pousser... mais voilà, ces derniers temps, je n'étais pas chez moi, entre les pages de mon blog...

Je pourrais vous donner des excuses, toutes valables et recevables par ailleurs: quelques voyages, des amies chères disparues et donc des équilibres à retrouver, des pendules à remettre à l'heure, des projets, des rires, des larmes, bref, le lot quotidien de chacun avec beaucoup de jours trop longs et des nuits si courtes...

Mais, non, ce n'est pas cela... il doit y avoir autre chose. Je n'ai jamais écrit parce que j'avais du temps, d'en manquer ne constitue pas une explication.

Je culpabilise pour les personnes que j'aime et que j'admire et qui attendent encore leur tour dans l'alphabet... Je culpabilise un peu pour ce prochain livre dont l'histoire est dans ma tête jusqu’à la dernière phrase, mais pour lequel tant reste encore à faire.

D'un autre côté, je n'écris pas de façon studieuse. à heures régulières, mais lorsque le besoin est là - ce qui évite l'angoisse de la page blanche...  et en ce moment, je préfère les images aux mots, ceux et celles qui me suivent sur Pinterest le savent bien! J'invite les autres à cliquer sur l'icône à droite... C'est amusant, délassant, curieux, varié, et on y découvre de jolies choses. Alors je classe, je collectionne, je trie, j'échange des photos, des dessins, des tableaux: Pinterest, une cour de récréation cybernétique où chacun montre ses dernières trouvailles... c'est un plaisir pour les yeux: des couleurs rutilantes, des fleurs tremblantes au petit matin, des boîtes à trésors...

Quant aux mots, je suis "contre", mais comme Guitry le disait des femmes, "tout contre": je m'y frotte, aux mots des autres, que je préfère aux miens, en ce moment... il faut dire que Jorge Semprun (L'écriture ou la vie ), Somerset Maugham  ( The summing up ) et Nora Ephron (  I remember nothing and other reflections ), ne peuvent que provoquer beaucoup d'humilité!

Bon, je vais encore quitter mon blog, mais j'y reviendrai très vite, promis, juré, ne serait-ce que pour y mettre des photos. Et pour y saluer les visiteurs qui me font l'honneur de s'y arrêter...

Alors, venez, passez par mon blog, et si je n'y suis pas, installez-vous, mettez-vous à l'aise, fouillez dans les archives, laissez un commentaire, attendez-moi! Et soyez indulgents et patients...

Merci!!!

samedi 14 avril 2012

Rencontre à l'Ecole Internationale de Genève

Il y a déjà quelques semaines, j'étais à l'Ecole Internationale de Genève pour rencontrer les deux classes de Baccalauréat International qui venaient d'étudier six nouvelles parmi les douze de mon dernier livre " Des nouvelles de lui".

Leurs professeurs avaient judicieusement choisi les récits qui toucheraient le plus leurs élèves - l'étudiante qui se découvre enceinte et qui le temps d'un cours en amphi pèse le pour et le contre , les réseaux sociaux et la jalousie cybernétique, la jeune caissière qui passe des codes-barres en observant les clients du supermarché, un avion détourné, une femme qui attend dans un pub un amant pas revu depuis dix ans...

J'aime toujours beaucoup ces échanges avec des lecteurs "très actifs" - nombre d'entre eux ne sont pas francophones -  qui ont débattu et ensuite travaillé sur mes histoires.

Leurs questions sont enrichissantes. Ces moments me sont précieux...

Et leur accueil était, comme chaque année, plus que chaleureux. Encore merci à eux et à leurs professeurs! Et à très bientôt! - Je dois y retourner pour parler écriture et écrivains....




mardi 27 mars 2012

Résumé - Journal de confidences d'une mère d'adolescente....

Dans mon livre, Deux ou trois choses à te confier, Journal d'une mère d'adolescente, une femme tente de retrouver le sens de ses jours.

Après sa lecture, Christian Bobin m'a écrit: " Il y a quelque chose dans votre livre de limpide comme une eau de rivière, et de solaire aussi. On dirait une sorte de bref roman policier où le criminel serait le doute et où la confiance en la vie serait à la fin rétablie dans ses droits".

(NB: Je garde une copie de cette lettre dans mon sac ... vous pensez, Christian Bobin!!! )

Le malaise existentiel que traverse Lise plonge Solange dans des réflexions sur la maternité, le don de la vie, les relations filiales, la difficulté de passer à l'âge dit adulte, les responsabilités et les failles d'être parent tout en restant aussi une personne à part entière... Solange remarque: " Mon amour maternel ressemble à un paquet encombrant qui cogne dans les murs et passe difficilement les portes" : il est vrai qu'il est des moments dans l'éducation de son enfant, où il faudrait savoir inventer la quadrature du cercle!

Naturellement, beaucoup de lecteurs, pères, se sont aussi reconnus dans ses interrogations.

Je l'ai déjà dit, la seule mention du mot "adolescent" fait souvent lever les yeux au ciel à des lecteurs potentiels, soit-disant complices, qui s'imaginent que ce livre est encore une longue liste de jérémiades contre une progéniture devenue indomptable. Attention, il ne s'agit pas de cela: j'ai voulu redire toute ma tendresse à une jeunesse trop souvent injustement critiquée par un monde d'adultes mercantile qui en fait une proie rêvée et vulnérable.

Il s'agit aussi indirectement d'une déclaration d'amour à mes filles dont la naissance, des décennies plus tard, reste encore pour moi la chose la plus bouleversante qui me soit arrivée et qui me laisse toujours "éblouie" lorsque je vois ces jeunes femmes devant moi, mes grandes belles: sûrement  l'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune pour reprendre le titre du film de Demy...

Le leitmotiv du livre est illustré parfaitement par les mots de Christian Bobin lui-même dans " La Plus-que-vive" :

"Une mère parfaite est celle qui (...) donne son amour sans compter, sans attendre qu'on lui rende la monnaie."

Ce livre s'adresse à tous les parents que nous sommes et les enfants que nous avons été...

vendredi 9 mars 2012

Du coeur à l'ouvrage...

Le 20 mars: conférence de presse au CHUV, l'hôpital universitaire de Lausanne, à l'occasion de la sortie du livre " Du cœur à l'ouvrage", (Éditions de l'Aire)  recueil de nouvelles et d'illustrations sous la direction de Louise Anne Bouchard.

J'ai été tout de suite séduite par son projet de réunir plus d'une vingtaine de textes inédits déclinant la vie dans tous ses états. J'ai dit oui immédiatement et voilà que je me retrouve ayant le dernier mot et l'honneur du point final, les histoires, volontairement sans titre, étant rangées par ordre alphabétique! Je suis en bonne compagnie:  entre autres, Jon Ferguson, Ariane Ferrier, Blaise Hofmann, Louise Anne, bien sûr et mon ami, Tomaso Solari: j'ai aussi hâte de découvrir ce qu'ils ont écrit.

J'aime d'ores et déjà le dessin de Barrigue en couverture: tendre, drôle, bien vu!

L'ouvrage est publié pour la Fondation suisse de Cardiologie.

Espérons que nous allons faire battre le cœur de nos lecteurs!

mardi 28 février 2012

Résumé - Libre Tango, " De vous à moi"...

J'ai écrit De vous à moi avec une jubilation intérieure certaine: plus que jamais, j'allais tirer les ficelles derrière le dos de mes personnages, lentement mais sûrement. Et en plus, je devais me glisser dans la peau d'un homme, exercice très intéressant!

Traductrice d'auteurs anglo-saxons, la quarantaine vaillante et fragile à la fois, Fanny renoue, le temps d'une carte de vœux, avec Adrien, juge retiré prématurément en Bretagne.


Elle court de Paris à Londres ou à Dublin pendant que lui observe la faune et la flore sur les landes, accompagné de son fox-terrier. Elle ne communique que par email et mobile; il préfère les lettres, éventuellement le fax, et garde son portable invariablement éteint.


Pourtant, cela ne va pas les empêcher de se lancer dans une correspondance de plus en plus assidue, avec un stylo qui tremble un peu sur le papier au gré des émotions, des timbres parfois révélateurs et l'attente du facteur.


J'ai écrit ce roman comme un long pas de deux, une valse d'hésitation, un tango de Piazzolla, joyeux et mélancolique à la fois, fil rouge du récit et flamme qui couve sous la braise des mots.

Selon l'écrivain autrichien Daniel Glattauer, écrire, c'est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c'est embrasser avec l'esprit. Je crois que Fanny et Adrien seraient tout à fait d'accord avec lui et que mes lectrices et (nombreux) lecteurs ne s'y sont pas trompé.


Il se lit très bien, c'était difficile de poser le bouquin. Un style très plaisant. (Brigitte W., professeur de français, Genève)

Magnifiquement rédigé, avec beaucoup d’anecdotes, clins d’œil et lieux connus que j’apprécie beaucoup. (A.L.,Lausanne)

De vous à moi : c’est une espèce de poésie en forme de prose - très beau. (Alexander P. Kuenzle, journaliste, swissinfo.ch)

vendredi 10 février 2012

Résumé - Cela commence par "Chez nous" ...

... en 2007. Décidément, le temps file!

Chez nous, c'est l'histoire de Mathilde, grand reporter, qui retourne dans la maison familiale vingt-quatre heures avant que celle-ci ne soit détruite par les bulldozers.

On est en mai, dans le sud de la France, et cette jeune femme va entreprendre, contre ses propres attentes, un voyage à l'envers, qui s’avérera plus que révélateur.

Une journaliste avait écrit à la parution du livre que je cherchais " à capter la subtilité des liens véritables entre les êtres, les instants imperceptibles où les choses changent, entraînant dans leur métamorphose des personnages par ailleurs si généreusement campés qu’on pense les connaître !"   Si je reprends ses propos, ce n'est pas pour faire un autosatisfecit facile , mais plutôt parce qu'effectivement elle a compris ce à quoi tendait ce livre (et les autres aussi, d'ailleurs): ce qui m'intéresse ce sont les rapports humains que j'habille de situations, d'anecdotes, de détails géographiques, mais l'important, c'est la vie, ses fragilités et ses forces.

Chez nous est un arrêt sur image dans le quotidien, quand l'inattendu bouscule les agendas: Mathilde qui court d'un malheur du monde à un autre, qui ne s'arrête que pour échanger quelques baisers furtifs avec le beau Pablo, Mathilde qui croit vivre la vie qu'elle aime et qu'elle a choisie librement, Mathilde qui tourne le dos à un passé qui va la rattraper subrepticement, presque insidieusement dans la quiétude d'un jardin, sous un figuier...

Les élèves des classes de baccalauréat international qui ont étudié le livre y ont relevé en majorité les thèmes du bonheur, de la destinée, de la fatalité...
C'est vrai que le bonheur y tient une place importante, Mathilde sait qu'il existe, mais sa fugacité lui fait peur! Moi, ce qui me fait peur, c'est le fait de gâcher sa vie, d'être tellement pris par ses activités que l'on ne prend même plus le temps de lever le nez pour voir un tourbillon de flocons ou de traverser une ville la nuit pour aller serrer dans ses bras un être cher.  C'est réaliser un matin, que l'on s'est menti à soi-même, et que l'on aurait dû effectivement partir vivre à la campagne, rejoindre son amant en Australie ou reprendre ses études, mais qu'il est trop tard. La vie est courte et nous n'en avons qu'une.(*)

Chez nous, enfin, c'est aussi une réflexion sur la vraie valeur des choses, la valeur affective des objets, même disparus, qui ne tient qu'à leur charge émotive que nous portons en nous, à condition de bien vouloir le reconnaître.
  
Voici pour clore ce premier résumé, quelques commentaires de lecteurs qui ont pris le temps de me faire part de leurs réactions: je les relis toujours avec une grande émotion - le partage s'est accompli, souvent au-delà de mes espérances! N'hésitez pas à y ajouter les vôtres...

Enfin lu  " Chez nous". Quel bijou de bonheur! C'est tout à fait ce qu'il me fallait de ces temps-ci... On en sort le sourire aux yeux et à l'âme! Finesse de descriptions et d'impressions, couleurs de joie et recherche de soi dans la vitesse de cette vie... Françoise G., Bruxelles)

(…) Il est difficile de trouver un roman  qui évoque la Provence, ses couleurs, ses senteurs, ses fleurs, la chaleur du soleil et la fraîcheur des bastides en pierre, avec autant de simplicité, de bonheur, de force de conviction que Chez nous. (Bernadette Fort, professeur de littérature française, Northwestern University, Evanston - Chicago)

Encore merci pour ces moments de tendresse et de nostalgie volés au quotidien (Christine, Toulon)

Bravo, Régine, j'ai trouvé le texte vraiment très beau, très attachant. 
(Yvette Z’Graggen, écrivaine)

J'ai lu "Chez Nous". Je me suis attachée, j'avais envie de savoir, de connaître, de tout savoir ! Vous avez, c'est une évidence, le sens du détail, de l'anecdote, de faire jaillir la vie, de camper un personnage... Le sens du mot, aussi. (Katherine Pancol, écrivaine)

C’est la deuxième fois qu’un livre me met une bonne dose d’humidité dans les yeux. Tout simplement superbe et très, très émouvant. Quel talent! J’attends le deuxième avec une grande impatience. Merci pour ces instants de pur bonheur. (Catherine S., Lausanne)

(*) Il est évident que ce genre de réflexions est un luxe que de trop nombreuses personnes ne peuvent s'offrir, n'ayant même pas la possibilité de faire des choix... Néanmoins, nous trouvons souvent des exemples d'hommes et de femmes admirables qui ont su prendre des décisions risquées à la croisée de chemins escarpés!

mercredi 8 février 2012

Résumés - Deux ou trois choses supplémentaires sur eux...

Un visiteur de ce blog m'a récemment posé une question qui a souligné une évidence: ceux et celles qui me font le plaisir de venir faire un tour sur ce site pour découvrir mes romans, y trouvent certes des extraits, des photos de couverture, mais pas de résumés...

Qu'à cela ne tienne, je vais remédier à cette lacune au plus vite! Et puis entre les S, T, U, V, W, X ,Y , Z qui manquent encore à l'abécédaire en cours, et une nouvelle inédite à paraître dans les prochains mois dans un ouvrage collectif, sur lequel je reviendrai en temps utile, pourquoi pas?

 Tout d'abord, j'avais pensé retranscrire les 4èmes de couverture, les quelques phrases placées derrière les livres, pour avoir un aperçu, souvent pas complètement satisfaisant, du contenu... et puis j'ai décidé d'oublier cela pour décrire brièvement chaque histoire, en incluant des bribes de textes, et en dévoilant un peu plus les intentions qui se cachent derrière ces titres, de manière à ce que même si on les a lus, on découvre deux ou trois choses supplémentaires sur eux.

Alors si cela vous intéresse, restez "à l'écoute"... à très vite!