mardi 28 septembre 2010

Extrait - La passeuse de codes barres


Pour Sandra il y avait deux sortes de personnes : celles qui lui souriaient et les autres.

Lorsqu’elle avait un peu de temps, quand il n’y avait pas de file interminable devant sa caisse, il lui arrivait de parier avec elle-même, en les voyant arriver de loin. Sourira ou sourira pas ?

Au début, ses collègues s’étaient gentiment moquées d’elle, tu verras, dans quelques semaines, tu feras plus attention à ce genre de détails, on a pas le temps ici !  Pourtant, un an après, elle scrutait encore les visages qui défilaient et quand elle accrochait sa blouse dans les vestiaires, Josie lui disait : « Alors, y en a eu combien, aujourd’hui ? » (...)


Lire la suite , dans "La passeuse de codes barres", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)


samedi 25 septembre 2010

Extrait - La voix de Michel Piccoli

(...)
Surtout ne pas oublier de sourire, c’est très important le sourire au téléphone, ça se sent, ça se voit. Mais faut-il mieux que je continue ma tirade pour l’empêcher de raccrocher, ou que je le laisse parler ? Attention à ne pas le mitrailler de mots !

Rouge diablesse, le tube aussi beau que sa couleur, l’avait séduite tout de suite : elle s’approcha du miroir pour mieux l’appliquer sur ses lèvres, naturellement bombées, pas une bouche de poisson remodelée, mais des lèvres sur lesquelles on l’avait souvent complimentée !

Et si ce n’est pas lui qui décroche ? Sa femme – il est marié, non ? -  ou une employée de maison?(...)


A suivre dès Octobre, dans "La voix de Michel Piccoli", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mercredi 22 septembre 2010

Merci...

... Quelques mots seulement pour remercier tous les lecteurs fidèles de ce blog qui prennent le temps de me suivre, de me lire, d'apporter leurs commentaires en direct ou par email...

Ce partage est un vrai plaisir pour moi!

Je vous embrasse.

lundi 20 septembre 2010

Extrait - Au marché des regrets

(...)
Il lui lisait L’art d’aimer d’Ovide, couvrait son gâteau d’anniversaire d’une multitude de bougies multicolores, « pour faire encore plus de vœux, et parce que les années, on s’en fiche… »  Il passait la voir à trois heures du matin, la surprenait dans son sommeil, la serrait dans ses bras et disparaissait. Ils discutaient des dimanches entiers d’Aragon et des Yeux d’Elsa et il lui commentait au téléphone des chapitres de sa thèse sur Camus.

Il était irrésistible et elle avait fini par ne plus résister! Et pourtant elle n’était pas femme à se pâmer dès qu’un homme lui disait «  A très vite… »

Elle remua un instant le sucre au fond de sa tasse vide, avant de lécher la cuillère : la douceur après l’amertume.(...)

A suivre dès Octobre, dans "Au marché des regrets", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

dimanche 19 septembre 2010

I... comme Inconnu(e)

Ce n'est pas pour tricher, parce que la lettre I serait une lettre difficile pour trouver ceux que j'aime: il y en a, Ionesco et pas que lui...

Mais l'occasion était trop belle pour s'arrêter un instant aux inconnus d'une vie.

Il y  ceux que l'on n'a jamais vus,  mais que l'on admire d'emblée, à commencer par le soldat qui repose sous l'Arc de Triomphe et les autres, combattants aux quatre coins du monde, d'hier et d'aujourd'hui, qui blanchissent de leurs croix l'herbe normande, ou s'entassent dans des charniers sanglants où le mot "humain" n'a plus de sens.

Les héros malgré eux, les vrais, qui sautent d'un pont dans l'eau glacée, tiennent tête à un fou furieux, risquent et parfois donnent leur vie pour en sauver d'autres.

Les anonymes, qui en mourant, permettent, grâce à leurs dons, de prolonger des vies.

Les inconnus qui ne s'étalent pas sur papier glacé, mais qui, jour après jour, souvent dans l'ombre, agissent pour l'intérêt de chacun...

Il y a aussi les inconnus que l'on sent proches de nous, que ce soit au milieu d'un concert, d'une manifestation ou d'un terrain de sport.

Les inconnus qui nous sourient, sans un mot, dans le métro, par signe de solidarité ou simplement par gentillesse, complicité de deux personnes après une journée de travail, fatigue partagée.

Il y a les regards d'inconnus dans une foule, ceux que l'on aurait aimé arrêter pour mieux les connaître, mais une vie ne suffit pas...

Et il y a eu, un soir froid de Novembre, à la Gare de Lyon, dans un train parallèle au mien, en partance pour l'Italie, un inconnu qui m'a fait un signe de la main; je l'ai accueilli comme un  geste de réconfort:  étudiante, j'allais traverser la France de nuit, pour accompagner une dernière fois mon grand -père, sous un carré de cyprès, dans le Midi...

mardi 14 septembre 2010

Extrait - Voyageuse

(...)
Elle avait toujours eu un faible pour les mains des hommes : elle n’en lisait pas les lignes, mais elle trouvait les mains très instructives. Un homme perdait toute sa prestance, lorsqu’elle découvrait des doigts trop courts, des ongles petits et carrés, un trait d’adolescent sur un corps d’adulte. Des mains calleuses pouvaient parfois être attirantes. En revanche, elle n’aimait pas les trop poilues ni celles des joueurs de guitare. Fines mais viriles, les doigts longs, les ongles soignés : les mains de l’inconnu savaient certainement caresser un visage, un corps : cette fois, elle ferma les yeux un peu plus longtemps, bercée par la torpeur de l’après-midi ; elle courait dans les blés, il lui prenait la main, ils riaient, il lui cueillait des coquelicots, il touchait ses cheveux.

A suivre dès Octobre, dans "Voyageuse", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

samedi 11 septembre 2010

"Les nouvelles de lui" à la télévision...

Petit coup de projecteur sur les Nouvelles de lui à la télévision! Merci Marc Décosterd! J'espère que cela donnera au téléspectateur l'envie d'en savoir plus... A bientôt, donc...

www.nrtv.ch/2010/09/10/art-obaz-du-09-septembre-2010/

http://dai.ly/bnfhJU

Art O'Baz du 09.09.2010 par nyonregiontv

lundi 6 septembre 2010

Extrait - Revanches cybernétiques

(...) C’était clair et net : Nathalie n’allait pas se laisser faire ! Stéphane apprendrait de quoi elle était capable !  Elle ressassait sa vengeance depuis 16 heures, si bien qu’elle n’avait suivi la réunion que d’une oreille, et qu’elle avait dû demander à sa collègue quelle serait la ligne directrice de la prochaine campagne de communication pour les couches de bébés: elle, elle avait d’autres stratégies en tête !
Ce type avait vraiment du toupet ! Ça faisait trois mois qu’ils étaient « ensemble », et il la prenait pour une imbécile pour la deuxième fois! (...)

A suivre dès Octobre, dans "Revanches cybernétiques", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mercredi 1 septembre 2010

H... comme Holder Eric

J'aimerais avoir rendez-vous avec Eric Holder.

Ce ne serait pas dans le bar lounge d'un hôtel parisien à la mode, bruyant et pour "people" en quête de notoriété.

Ni dans un haut lieu pseudo-littéraire germanopratin.

Non, je l'imagine m'attendre - les grands-mères enseignaient aux petites filles de toujours se faire un peu désirer quand elles seraient grandes...- assis en retrait sur la banquette rouge d'un bistrot de la rue Pascal, près des Gobelins, ou non loin de la rue de Rome, à deux pas d'un atelier de luthiers.

A moins que nous nous retrouvions dans la salle déserte d'un petit hôtel de province, dans le Sud-Ouest,  comme celui qu'il décrit dans la Baïne, une après-midi d'arrière-saison.

Il n'aurait plus son bandana autour du front, mais toujours ses lunettes rondes. Je ne sais pas s'il serait réservé ou très disert.

En tous cas, moi je voudrais le rencontrer pour parler d'écriture avec lui, autour d'une menthe à l'eau ou d'une verveine qui deviendrait vite froide, au fur et à mesure de la conversation.

Nous pourrions évoquer la manière de travailler sur des nouvelles, s'il a un rituel, les trésors de son univers... ses mots simples et évocateurs. Je partagerais avec lui mon "abécédaire", les mots qui apaisent ou bouleversent.

J'ai l'impression que nous aurions des choses à nous dire. Lui aussi, traque les sursauts et les tremblements de ses personnages, comme un chasseur aux aguets... Sa Mademoiselle Chambon ne fait pas beaucoup d'éclats, et pourtant, elle sait ébranler les certitudes d'une vie.

J'aimerais lui avouer que je l'envie d'avoir trouvé des titres qui m'auraient bien plu, pour mes romans: Bruits de cœurs, Jours en douce, Les sentiers délicats, On dirait une actrice, Masculins singuliers...

Je passerais un long moment à lui parler de son style qui me charme, et nous pourrions commenter certaines de ses phrases, telles que:  (...) "Les piles de livres près des lits ouverts, l'après-midi. Le soleil dessine au-dessus un rectangle plus clair dans le blanc du mur. Des livres pour un oui pour un non. Pour leur couverture. Pour trois mots attrapés en dessous, derrière." et encore, (...) " Nous sommes peu de chose. Quelques détails nous séparent de nos congénères. Ce sont éclats brillants, morceaux de verre réverbérant le soleil. Ce qui reste de la maison dans les décombres de l'incendie." (Les sentiers délicats, La dilettante).

Bien que du Nord, il a vécu dans le Sud, nous aurions pu nous y croiser... Si les hasards du monde cybernétique qui agissent souvent par ricochets, l'amènent à lire ces lignes, alors, appelez-moi, Monsieur Holder, maintenant vous le savez, j'accepterais volontiers votre rendez-vous!