jeudi 26 août 2010

Extrait - Questions sans réponse

Elle était arrivée tôt, rien que pour cela, pour ressentir le calme d’avant la
tempête, ce calme d’eau verte de rivière qui cache des tourbillons : la
...tempête dans la tête, les emballements du cœur, viendraient plus tard, à
l’instant où il pousserait la porte.

Depuis une semaine, elle ne pensait plus qu’à ce rendez-vous. Elle savait que tout se déroulerait autrement que ce qu’elle imaginait et pourtant le film passait et repassait, la nuit, le jour, quand elle parlait avec son fils ou un commanditaire au
téléphone, elle y pensait constamment. (...) 

A suivre dès Octobre, dans "Questions sans réponse", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

samedi 21 août 2010

G... comme Girardot Annie


J'ai aimé Annie Girardot...

... sa période italienne, ses cheveux mi-longs, quand elle était Madame Renato Salvatori.

Et puis sa voix qui sait se faire douce ou sèche pour assener une vérité qu'elle défend.

Je l'ai aimée, gentiment frondeuse, dans Cause toujours...tu m'intéresses.

Aussi à l'aise dans un lit avec Delon, dans Traitement de choc, qu'avec de Funès dans la Zizanie...

Je l'ai aimée, en femme trompée face à un Montand fuyant dans Vivre pour vivre, et puis en amante lumineuse séduisant Belmondo, l'Homme qui (lui) plaît dans les plaines du Far West ...

En médecin aux prises avec le cancer, j'ai aimé son rôle de Francoise Gailland, et quand en Gabrielle Russier, elle se meurt d'amour pour un jeune homme - Bruno Pradal, acteur trop vite disparu et à ne pas oublier -, je l'aime et je pense aux Cougar women d'aujourd'hui et aux principes d'une société dépassée.


J'ai aimé ses cheveux courts de femme indépendante, ou encore ses pudeurs de Vieille fille en croisant le regard de Philippe Noiret dans un petit hôtel de province...


Actrice française ou simplement Française jouant la vie quotidienne sur grand écran, je l'ai aimée très fort!


Je l'ai aimée surtout en Marie-Louise Boursault, qui, chaque année, croyait au printemps le jour de la Chandeleur, et qui courait dans la neige, un chapeau de paille rose fuchsia à la main, en attendant le retour de Jean Rochefort...


Elle n'était pas grande de taille, quand je l'avais vue, face à moi, à la sortie de la pièce Madame Marguerite...


Il y a quelques années, rue de Turenne, dans le Marais, elle achetait des magazines et prenait plus de temps qu'il n'en faut pour chercher quelques pièces au fond de son sac. Cinq minutes plus tard, elle était assise à la table derrière moi, au café qui fait l'angle de la rue des Francs-Bourgeois... J'ai jeté quelques regards furtifs à cette dame, devenue vieille, à l'air un peu ailleurs... J'ai tourné ma cuillère dans la tasse un bon moment, en me demandant comment l'aborder, lui dire toute mon admiration pour elle... Nous étions seules à cette terrasse, il faisait un peu frais, j'ai hésité, et si elle ne se souvenait plus? Je ne voulais pas l'agresser... Je me suis levée, j'avais un train à attraper, je l'ai encore regardée et je me suis éloignée.

C'était là ou jamais. Ce sera sûrement jamais et depuis ce moment, je le regrette.

Et je l'aime toujours!

NB: Un lien à voir absolument:
"Annie Girardot, a tribute to French cinema"

jeudi 12 août 2010

"Des nouvelles de lui" (Géhess Editions) en avant-première...

Parution Octobre 2010... Pour recevoir un exemplaire dédicacé, vous pouvez dès à présent m'envoyer un email: regine_zambaldi@hotmail.com






lundi 9 août 2010

F... comme Frisch Max

Quel dommage qu'il ne soit plus là pour poser son regard lucide et sans concession sur les travers de la société suisse et européenne ou pour sonder les différentes strates de notre conscience! Max Frisch a tellement bien fait de laisser l'architecture au profit de la littérature: sans cela, la Suisse aurait été privée d'un de ses plus grands écrivains de langue allemande -  bien traduit en français, j'ai comparé...-    Je pense à sa façon passionnante d'analyser la frontière, parfois très ténue, entre l'être et le paraître, ou encore l'arbitraire du concept d'identité, en essayant de répondre à la question existentielle "Qui suis-je?".  Dans Mein Name sei Gantenbein (1964), il montre des situations sous l'angle de trois personnes; l'un d'eux se fait passer pour aveugle " pour mieux voir ce qui se passe autour de lui, et surtout autour de sa femme..."

Avec Stiller (1954), on est presque dans un thriller avec Matt Damon: un homme est arrêté, on se trompe sur son identité, il proclame s'appeler autrement, mais même sa prétendue femme le reconnaît... De quoi se demander qui l'on est vraiment...

Est-ce que l'on décide un jour qui être dans sa vie, quel personnage endosser, et puis on continue à jouer ce rôle?  Ne pourrait-on pas devenir quelqu'un d'autre?

Zurich transit (1966), écrit  sous forme de scénario, montre un homme qui lit son avis de décès dans le journal que tient le passager assis à ses côtés dans un avion: vol de sa voiture sur le parking de l'aéroport, accident - le voleur n'était pas habitué à conduire une Porsche- quiproquo sur l'identité de la victime... du coup, il décide de ne pas détromper sa famille, ses amis, et de devenir l'observateur de sa propre mort: il va à son enterrement, il écoute les commentaires, il voit surtout comment se comporte sa femme... et au fur et à mesure, il a de moins en moins envie de ressurgir au milieu de ses proches... il réalise qu'il a la possibilité de devenir quelqu'un d'autre, qu'il est neuf: le sentiment est grisant, un peu comme avant de faire un grand saut en parachute ou dans l'inconnu.

Il décrit aussi les moments où la vie bascule, où l'on se surprend soi-même à toutes les audaces... L'homme, dans Homo faber (1957) est un cartésien, un Dipl. Ing. (un ingénieur diplômé d'état) ce qui laisse supposer beaucoup de méthode et peu de fantaisie: et pourtant, il suffit d'une jeune fille délurée avec une queue de cheval qui joue du ping-pong sur le deck d'un paquebot transatlantique pour que les certitudes s'effondrent, que les bouleversements s'enchaînent... Frisch y ajoute tous les éléments d'une tragédie grecque et cela donne des pages inoubliables!

Frisch, lui-même, n'est pas si loin de ses personnages d'hommes bien organisés, et pourtant, on a envie de dire " Cherchez la femme!" La mère de ses enfants, puis l'écrivaine Ingeborg Bachmann,  suivie d'une étudiante de presque trente ans de moins que lui, et d'une Américaine... que l'on retrouve sous le nom de Lynn dans Montauk (1975) : on imagine une Candice Bergen  avec laquelle l'auteur serait allé passer un week-end dans ce haut-lieu de Long Island, à observer le ressac des vagues  tout en découvrant l'inconnue avec laquelle il est parti...

Le style est comme un collage, quelques phrases en anglais, des juxtapositions, un puzzle de mots, d'impressions, le kaléidoscope d'une liaison.

Frisch était préoccupé par l'idée de  "Vergängnis", c'est à dire le côté éphémère des choses qu'il essayait de coucher sur le papier, pour les faire durer un peu plus, en quelque sorte...

J'aime cette photo de lui, souriant, détendu: différente de celles, où plus sérieux, il fume la pipe en se cachant derrière des lunettes à la Marcel Achard...

             
                                          

vendredi 6 août 2010

Salon des Auteurs à Morges (Suisse), 3-5 septembre 2010

Petite parenthèse en attendant le F: j'ai le grand plaisir et honneur d'être invitée au Salon des auteurs, "Le livre sur les quais" qui se tiendra à Morges, au bord du lac Léman, du 3 au 5 septembre 2010.

J'y dédicacerai mes romans, hélas, "Les nouvelles de lui" ne seront pas encore sorties, mais la réimpression de "De vous à moi" devrait être achevée...

Je serai en bonne compagnie aux côtés de Jean-François Kahn, Marc Lévy, Madeleine Chapsal, Irène Frain, Etienne Barilier, Dominique Barberis et beaucoup d'autres.

Pour les heures de dédicaces, à suivre....

Plus d'informations sur le lien: http://lelivresurlesquais.ch