mardi 14 septembre 2010

Extrait - Voyageuse

(...)
Elle avait toujours eu un faible pour les mains des hommes : elle n’en lisait pas les lignes, mais elle trouvait les mains très instructives. Un homme perdait toute sa prestance, lorsqu’elle découvrait des doigts trop courts, des ongles petits et carrés, un trait d’adolescent sur un corps d’adulte. Des mains calleuses pouvaient parfois être attirantes. En revanche, elle n’aimait pas les trop poilues ni celles des joueurs de guitare. Fines mais viriles, les doigts longs, les ongles soignés : les mains de l’inconnu savaient certainement caresser un visage, un corps : cette fois, elle ferma les yeux un peu plus longtemps, bercée par la torpeur de l’après-midi ; elle courait dans les blés, il lui prenait la main, ils riaient, il lui cueillait des coquelicots, il touchait ses cheveux.

A suivre dès Octobre, dans "Voyageuse", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

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