dimanche 19 septembre 2010

I... comme Inconnu(e)

Ce n'est pas pour tricher, parce que la lettre I serait une lettre difficile pour trouver ceux que j'aime: il y en a, Ionesco et pas que lui...

Mais l'occasion était trop belle pour s'arrêter un instant aux inconnus d'une vie.

Il y  ceux que l'on n'a jamais vus,  mais que l'on admire d'emblée, à commencer par le soldat qui repose sous l'Arc de Triomphe et les autres, combattants aux quatre coins du monde, d'hier et d'aujourd'hui, qui blanchissent de leurs croix l'herbe normande, ou s'entassent dans des charniers sanglants où le mot "humain" n'a plus de sens.

Les héros malgré eux, les vrais, qui sautent d'un pont dans l'eau glacée, tiennent tête à un fou furieux, risquent et parfois donnent leur vie pour en sauver d'autres.

Les anonymes, qui en mourant, permettent, grâce à leurs dons, de prolonger des vies.

Les inconnus qui ne s'étalent pas sur papier glacé, mais qui, jour après jour, souvent dans l'ombre, agissent pour l'intérêt de chacun...

Il y a aussi les inconnus que l'on sent proches de nous, que ce soit au milieu d'un concert, d'une manifestation ou d'un terrain de sport.

Les inconnus qui nous sourient, sans un mot, dans le métro, par signe de solidarité ou simplement par gentillesse, complicité de deux personnes après une journée de travail, fatigue partagée.

Il y a les regards d'inconnus dans une foule, ceux que l'on aurait aimé arrêter pour mieux les connaître, mais une vie ne suffit pas...

Et il y a eu, un soir froid de Novembre, à la Gare de Lyon, dans un train parallèle au mien, en partance pour l'Italie, un inconnu qui m'a fait un signe de la main; je l'ai accueilli comme un  geste de réconfort:  étudiante, j'allais traverser la France de nuit, pour accompagner une dernière fois mon grand -père, sous un carré de cyprès, dans le Midi...

1 commentaire:

  1. c'est très touchant, j'admire le style d'écriture

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