mercredi 1 septembre 2010

H... comme Holder Eric

J'aimerais avoir rendez-vous avec Eric Holder.

Ce ne serait pas dans le bar lounge d'un hôtel parisien à la mode, bruyant et pour "people" en quête de notoriété.

Ni dans un haut lieu pseudo-littéraire germanopratin.

Non, je l'imagine m'attendre - les grands-mères enseignaient aux petites filles de toujours se faire un peu désirer quand elles seraient grandes...- assis en retrait sur la banquette rouge d'un bistrot de la rue Pascal, près des Gobelins, ou non loin de la rue de Rome, à deux pas d'un atelier de luthiers.

A moins que nous nous retrouvions dans la salle déserte d'un petit hôtel de province, dans le Sud-Ouest,  comme celui qu'il décrit dans la Baïne, une après-midi d'arrière-saison.

Il n'aurait plus son bandana autour du front, mais toujours ses lunettes rondes. Je ne sais pas s'il serait réservé ou très disert.

En tous cas, moi je voudrais le rencontrer pour parler d'écriture avec lui, autour d'une menthe à l'eau ou d'une verveine qui deviendrait vite froide, au fur et à mesure de la conversation.

Nous pourrions évoquer la manière de travailler sur des nouvelles, s'il a un rituel, les trésors de son univers... ses mots simples et évocateurs. Je partagerais avec lui mon "abécédaire", les mots qui apaisent ou bouleversent.

J'ai l'impression que nous aurions des choses à nous dire. Lui aussi, traque les sursauts et les tremblements de ses personnages, comme un chasseur aux aguets... Sa Mademoiselle Chambon ne fait pas beaucoup d'éclats, et pourtant, elle sait ébranler les certitudes d'une vie.

J'aimerais lui avouer que je l'envie d'avoir trouvé des titres qui m'auraient bien plu, pour mes romans: Bruits de cœurs, Jours en douce, Les sentiers délicats, On dirait une actrice, Masculins singuliers...

Je passerais un long moment à lui parler de son style qui me charme, et nous pourrions commenter certaines de ses phrases, telles que:  (...) "Les piles de livres près des lits ouverts, l'après-midi. Le soleil dessine au-dessus un rectangle plus clair dans le blanc du mur. Des livres pour un oui pour un non. Pour leur couverture. Pour trois mots attrapés en dessous, derrière." et encore, (...) " Nous sommes peu de chose. Quelques détails nous séparent de nos congénères. Ce sont éclats brillants, morceaux de verre réverbérant le soleil. Ce qui reste de la maison dans les décombres de l'incendie." (Les sentiers délicats, La dilettante).

Bien que du Nord, il a vécu dans le Sud, nous aurions pu nous y croiser... Si les hasards du monde cybernétique qui agissent souvent par ricochets, l'amènent à lire ces lignes, alors, appelez-moi, Monsieur Holder, maintenant vous le savez, j'accepterais volontiers votre rendez-vous!

1 commentaire:

  1. Tout est possible chère Régine, Monsieur Holder te lira un jour, aux étonnants hasards du monde cybernétique pour reprendre tes propos, les ricochets des "Ronds dans l'eau" se feront ondulatoires...

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