samedi 21 août 2010

G... comme Girardot Annie


J'ai aimé Annie Girardot...

... sa période italienne, ses cheveux mi-longs, quand elle était Madame Renato Salvatori.

Et puis sa voix qui sait se faire douce ou sèche pour assener une vérité qu'elle défend.

Je l'ai aimée, gentiment frondeuse, dans Cause toujours...tu m'intéresses.

Aussi à l'aise dans un lit avec Delon, dans Traitement de choc, qu'avec de Funès dans la Zizanie...

Je l'ai aimée, en femme trompée face à un Montand fuyant dans Vivre pour vivre, et puis en amante lumineuse séduisant Belmondo, l'Homme qui (lui) plaît dans les plaines du Far West ...

En médecin aux prises avec le cancer, j'ai aimé son rôle de Francoise Gailland, et quand en Gabrielle Russier, elle se meurt d'amour pour un jeune homme - Bruno Pradal, acteur trop vite disparu et à ne pas oublier -, je l'aime et je pense aux Cougar women d'aujourd'hui et aux principes d'une société dépassée.


J'ai aimé ses cheveux courts de femme indépendante, ou encore ses pudeurs de Vieille fille en croisant le regard de Philippe Noiret dans un petit hôtel de province...


Actrice française ou simplement Française jouant la vie quotidienne sur grand écran, je l'ai aimée très fort!


Je l'ai aimée surtout en Marie-Louise Boursault, qui, chaque année, croyait au printemps le jour de la Chandeleur, et qui courait dans la neige, un chapeau de paille rose fuchsia à la main, en attendant le retour de Jean Rochefort...


Elle n'était pas grande de taille, quand je l'avais vue, face à moi, à la sortie de la pièce Madame Marguerite...


Il y a quelques années, rue de Turenne, dans le Marais, elle achetait des magazines et prenait plus de temps qu'il n'en faut pour chercher quelques pièces au fond de son sac. Cinq minutes plus tard, elle était assise à la table derrière moi, au café qui fait l'angle de la rue des Francs-Bourgeois... J'ai jeté quelques regards furtifs à cette dame, devenue vieille, à l'air un peu ailleurs... J'ai tourné ma cuillère dans la tasse un bon moment, en me demandant comment l'aborder, lui dire toute mon admiration pour elle... Nous étions seules à cette terrasse, il faisait un peu frais, j'ai hésité, et si elle ne se souvenait plus? Je ne voulais pas l'agresser... Je me suis levée, j'avais un train à attraper, je l'ai encore regardée et je me suis éloignée.

C'était là ou jamais. Ce sera sûrement jamais et depuis ce moment, je le regrette.

Et je l'aime toujours!

NB: Un lien à voir absolument:
"Annie Girardot, a tribute to French cinema"

3 commentaires:

  1. Merci bcp pour ce portrait d'Annie Girardot que vous avez si bien dessiner parce que vous l'aimiez tant... Quel dommage, mon Dieu quel dommage de ne pas avoir osé l'aborder ce jour là, à la terrasse de ce café.... Votre hésitation m'a donné la larme à l'oeil...vous auriez dû, ne serait-ce que pour lui dire bonjour, comme ça sans la brusquer...Elle vous aurait répondu, polie et souriante, j'en suis certaine...
    Sylie (s-y-l-i-e !)

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    1. Oui, Sylie, j'aurais dû!!!
      Depuis, je m'efforce de saisir les opportunités que la vie nous offre et qui ne reviendront peut-être plus!

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  2. oops : "dessiné"
    sylie

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