vendredi 30 juillet 2010

E... comme Soeur Emmanuelle

Elle aurait pu rester Madeleine Cinquin, mener la vie confortable et aisée de sa famille, voyageant entre Paris, Bruxelles et Londres; trouver un mari, et se rendre à la messe, tous les dimanches, en faisant tinter quelques pièces au fond du gobelet d'un mendiant, sur les marches de l'église, pour être tranquille avec sa conscience.

Elle aurait pu..., mais ce n'est pas le destin qu'elle s'est choisi.

Elle est partie, à Istanbul, en Tunisie, enseigner la philosophie à des jeunes filles dans des institutions catholiques, elle qui avait prononcé ses vœux en 1931.

Mais ses élèves, à la vie trop facile, ne s'intéressaient pas assez aux misères qui les entouraient, pas comme Sœur Emmanuelle, qui ne voyait que cela!

L'important est ailleurs: elle est en Égypte, elle s'occupe des filles d'un quartier défavorisé, elle va donner toute son énergie, sa fougue, sa joie et sa détermination à ce pays qui en retour lui offrira sa nationalité.

Pendant plus de vingt ans, dans les bidonvilles du Caire où elle va s'installer, pour développer des projets de santé, d'éducation, au milieu des plus pauvres parmi les pauvres - comme s'il y avait une échelle de la pauvreté, des degrés plus supportables que d'autres... - ; elle apporte aux "chiffonniers",  ils sont plus de 23 000, à ceux qui ont pour tout horizon des montagnes de déchets qu'ils ramassent, son amour, sa considération. Grâce à elle, des petits garçons et petites filles sont scolarisés, la violence diminue, les femmes deviennent plus émancipées...

Je suis certaine que ce sont les yeux des enfants qui n'ont rien si ce n'est leur sourire, leur joie de vivre en dépit du malheur, la générosité de ceux en manque de tout, qui lui auront apporté la preuve que l'essentiel des valeurs humaines donne la force indéfectible qui permet d'avancer, envers et contre tout, jour après jour.

Elle devait revoir défiler ces regards, ces petites mains souillées, ces abris de fortune, dans son dernier refuge varois, avant d'aller, à quelques semaines de son 100ème anniversaire, raconter, plus haut, ce qu'elle avait vu ici-bas...

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