vendredi 31 décembre 2010

2010... 2011... Compte à rebours...

Dudouet
Il faudrait... On se devrait...  De se souhaiter une bonne année! Cela revient tous les 31 décembre, et même pendant la première quinzaine de janvier- "Il n'est pas trop tard, n'est-ce pas? Je peux encore vous la souhaiter?"

Au mieux, c'est un rite, au pire, une habitude! Une manière d'être au diapason... de s'écrire, se téléphoner, s'embrasser, avec ou sans gui, de serrer ceux que l'on aime, et même des inconnus, sur son coeur...

Les partages, les vœux, j'aime. Je dis souvent que l'on ne prend pas grand risque de faire des vœux, au mieux, ils seront exaucés, alors, il faut en profiter: le succès, tous les bonheurs du monde, et puis surtout la santé!

C'est aussi le moment de faire une liste de bonnes résolutions, que l'on tiendra, ou pas, ou que l'on reportera à l'année suivante...

Quand j'étais petite, je préférais le Nouvel An à Noël, pour moi, la perfectionniste, le 1er janvier, c'était la feuille blanche de tous les possibles... le champ de poudreuse encore intact... On oubliait les mois précédents et on repartait à zéro, tout neuf, confiant, vers l'inconnu. Mes journaux intimes de l'époque que je faisais coïncider avec l'an nouveau commençaient souvent par des points d'interrogations, des questions sur ce que les mois à venir allaient me réserver. Plus tard, les pages de mon agenda en Moleskine aussi, me donnaient un peu des frissons d'anticipation: quels seraient les mots que j'écrirais le 3 avril prochain, ou le 16 octobre? Quels seraient les jours marqués de rose, ou de gris?  Un peu comme ce tableau de Dudouet, les jours et les événements à venir étaient tels des bonbons enveloppés de papiers brillants  multicolores. Dans chacun, une douceur, une surprise, parfois, un bonbon au poivre, ou au bleu de méthylène... On les découvrirait au fil des semaines, des mois, certains étaient encore dans le flou...

Aujourd'hui, la nouvelle année me donne le vertige, mais pour d'autres raisons: non pas que j'aie oublié ma curiosité et mes espoirs d'antan, je suis toujours fonceuse et pleine de projets, mais cependant, la valse des années me bouleverse aussi... La vie est un manège qui va si vite... plus le temps passe, plus il a l'air de s'emballer; on tient de la neige dans sa main, elle est belle, blanche, légère, froide mais chaude aussi, et puis, on la serre, parce que c'est agréable, et on ne se retrouve qu'avec des gouttes d'eau qui filent entre les doigts...

Je voudrais arrêter le temps! Pouce, quelques instants, pour rien, pour tout, entre hier et demain, le bonheur suspendu, stopper les secondes, figer le moment parfait, comme sur du papier glacé...!

Ce soir, chez une amie mexicaine, je vais manger douze grains de raisin, ponctués par les douze coups de minuit de l'église du village: un vœu par grain, ou douze fois le même?

A vos vœux, mes ami(e)s!

Que 2011 nous réserve maintes occasions de nous voir, nous lire, nous écrire et nous embrasser!

Régine

dimanche 26 décembre 2010

Pour Noël...

Mes ami(e)s,

Je ne serai pas très bavarde ce soir de 25 décembre, et ceux qui me connaissent bien, savent pourquoi... Les autres peuvent relire dans les archives de ce blog, ce que j'avais écrit le 3 janvier...

Je veux cependant vous dire que j'espère que vous avez passé un beau Noël, souvent blanc, dans tous les cas, doux...

Quant à 2011, je vous en reparlerai bientôt... profitons encore des quelques jours que nous réserve 2010!

Je vous embrasse...

jeudi 9 décembre 2010

Petit souvenir de la Fête du Livre du Var à Toulon...

... Il y a eu beaucoup de visiteurs, 53 000 environ, nous a-t-on dit, des pluies diluviennes qui se sont déversées sur le chapiteau, de belles rencontres, une vieille dame qui est arrivée un peu essoufflée et contente de m'avoir trouvée, tenant à la main un article découpé sur "Les nouvelles de lui", un lecteur qui a lu "De vous à moi" dans la nuit et est revenu m'en parler le dimanche; j'ai aimé lorsqu'il m'a dit - "Vous entourez de beaucoup de douceur même les choses les plus violentes...". Cependant, je dois avouer que je n'ai pu rivaliser avec les frères Bogdanoff, placés au stand d'en face! Heureusement que mon ami, Jean-Marie Juan, que l'on voit beaucoup à la télévision ces derniers temps, a fait une petite apparition le dimanche, pour attirer les regards!

in Var Matin, lundi 22 novembre 2010, page 6

dimanche 14 novembre 2010

Fête du Livre du Var 2010, Toulon, Côte d'Azur, France

Le week-end prochain promet d'être riche en rencontres: Fête du Livre du Var, à Toulon, quelques 350 auteurs attendus, une grande messe littéraire, l'adrénaline des beaux jours!

J'espère que j'aurai les mêmes partages qu'à Payot Nyon, la semaine dernière, où j'ai revu des lecteurs fidèles, fait connaissance avec des nouveaux, écouté des confidences, partagé des enthousiasmes...

Il y aura aussi quelques lecteurs plus timides, hésitant devant les tables, les livres étalés, les auteurs à portée de la main: je les comprends, c'est un peu dérangeant de prendre un livre, de découvrir au bout de deux phrases sur la 4ème de couverture que le sujet ne nous intéresse pas et le reposer sans commentaire devant la personne qui les a écrites - plus gênant que de remettre un ouvrage sur l'étagère d'un libraire.

Mais les titres ne dévoilent souvent pas grand chose de l'intrigue, les couvertures non plus d'ailleurs:  il faut soupeser un livre, le sentir, toucher le grain du papier, le feuilleter, cueillir quelques mots, saisir une question au vol, un début de chapitre, laisser l'alchimie se faire, ou pas. Un livre est aussi un objet, qui peut être trompeur: une jaquette de papier glacé peut séduire de prime abord et révéler un contenu en-deçà de ses attentes; au contraire, un livre à l'air trop sobre et même rébarbatif peut révéler des trésors de poésie...

C'est là que l'auteur se doit d'intervenir: dans un Salon, il est un peu l'hôte en quelque sorte, celui qui reçoit les visiteurs: plus que le simple sourire, c'est l'attitude qui est importante, je trouve: en ce qui me concerne, j'ai beaucoup de mal à rester sagement assise derrière la table, protégée par une barrière de livres. Au contraire, je suis toujours debout - à part lorsqu'il faut signer -. Je ne peux me résoudre à parler, assise, à des gens, debout devant moi: j'ai l'impression d'instaurer un rapport administratif, professeur-élève, patron-employé, supérieur-subalterne...

Pour la dédicace, je m'assois, mais je parle encore, et l'exercice est parfois difficile de ne pas écrire des bêtises ou en dire, ou les deux à la fois!

Vient le moment de la passation du livre d'une main à l'autre: depuis peu, je glisse un marque-page avec mes coordonnées, afin de donner au lecteur la possibilité de m'envoyer ses impressions et autres critiques...

Les dialogues sont toujours les bienvenus!

Encore une semaine pour les anticiper avec jubilation!

vendredi 29 octobre 2010

L'émotion du petit dernier...

Hier, grande émotion... l'arrivée de mon nouveau livre, " Des nouvelles de lui", envoyé par mon éditeur, Géhess... les premiers exemplaires... Ce n'est plus le manuscrit, sur écran, puis papier, c'est un livre, un vrai, avec un numéro ISBN, un dépôt légal!

J'ai tourné les pages, admiré la couverture, soupesé, feuilleté au hasard, parcouru deux, trois phrases, dans un mélange de sentiments contradictoires: étonnement, incrédulité- alors, c'est çà, tous ces mots tissés, tricotés, à l'envers, à l'endroit, le tout mis bout à bout, cousu, relié...-, joie, fierté - le passage des idées dans la tête au résultat calibré noir sur blanc, un travail achevé, rêve devenu réalité...

Peur aussi, peur de relire, de trouver une coquille passée inaperçue au cours des maintes relectures, désir de remplacer un mot par un synonyme, de changer la place d'une virgule, d'effacer une répétition... Mais c'est trop tard, les livres sont rangés par paquets, stockés, expédiés... Il faudra attendre un second tirage, si jamais une grosse faute s'y était glissée.

C'est aussi l'exaltation: la suite de l'aventure continue, avec les lecteurs, qui vont finir d'écrire l'histoire, en l'occurrence les douze histoires, à leur manière, avec leur sensibilité, leurs affinités...

Cette fois, douze histoires, donc les avis risquent d'être partagés: il y a aura des préférées, on pourrait même s'amuser à faire un classement!

C'est mon quatrième livre, c'est mon petit dernier, je me sens prête à le partager, à vous l'offrir...

J'attends vos commentaires, vos sensations, vos émois et vos réactions! Sur lui, sur elles et sur ces instantanés de leurs vies... Et je vous en remercie par avance.

A très bientôt,

Je vous embrasse...

lundi 25 octobre 2010

Question /Réponse...

La calligraphe,  Gaelle Boissonard
On me demande souvent comment se procurer un des mes livres avec une dédicace personnelle...
Il suffit d'envoyer un email à mon éditeur, à gehess@hotmail.fr en indiquant votre adresse, et vous recevrez le livre signé pour vous.

Mon éditeur vous enverra ensuite une facture, payable par chèque.

Alors, n'hésitez plus, commandez... je taille déjà mon crayon!

A très bientôt!

vendredi 22 octobre 2010

Chez Payot... Nyon, Suisse, 6 novembre 2010, de 14h30 à 16h30

Signature : Régine Zambaldi

« Nouvelles de lui »


Samedi 6 novembre [14h30-16h30]

À :Nyon

Lui… et bien d’autres, qui se partagent le cœur de ces nouvelles fraîches ! Avec la délicatesse d’intuition et la plume vive qu’on lui connaît, Régine Zambaldi explore une « nouvelle » fois l’univers qu’elle adore, celui des événements simples et familiers qui précèdent les grandes émotions, ou les grands bouleversements, de la vie – des femmes surtout. Où il sera donc question de voyage et de carrière, d’amour et d’illusions, de retour et d’absence… I

- Régine Zambaldi, «Des nouvelles de lui» [Géhess, 2010] 

Voir: http://www.payot.ch/fr/nosLibrairies/nosEvenements?payotAction=27&showEvent=00789

 

jeudi 21 octobre 2010

Extrait - Des nouvelles de lui

(...)

Après avoir bu deux menthes à l’eau glacées, elle s’assit à la table en pichpin qui lui servait de bureau et imita son chat en posant la plante des pieds bien à plat sur le sol.

Au milieu des crayons et des pinceaux, elle prit le magazine laissé ouvert à la page 20 : c’était comme chaque année, le jeu de l’été avec un voyage, quelques robes de stylistes et beaucoup de trousses de maquillage à la clé. Il y a bien longtemps, sa mère avait gagné un stylo en élucidant des énigmes, semaine après semaine, dans les forêts aux alentours de Gérardmer.

Cette année, pas un jeu de détective, mais plutôt littéraire: «  Participez à notre concours,  Des nouvelles de lui : parlez-nous de votre mari, votre compagnon, votre amant, bref, de l’homme de votre vie ! Dites-nous s’il sent bon le sable chaud, faites-le devenir le héros de votre histoire… »

L’exercice pouvait être drôle. (...)

La suite... vous l'avez deviné, se trouve dans le livre éponyme,  " Des nouvelles de lui"...







samedi 16 octobre 2010

Extrait - Nouveau départ

(...)


-       Tu n’en pouvais plus, tu étais épuisée après votre tournée au Japon, tu voulais échanger ta vie avec la mienne, plan-plan …

-       C’est juste - attends, je vais m’asseoir deux minutes sur ce carton, s’il est assez solide… - mais…

-       … mais tu vas être bien, tu vas te faire un nid, tu vas pouvoir aller au cinéma, accepter des invitations à dîner, te faire des amis, être normale, quoi !

-       J’étais normale, quand même…

-       Oui, tu parles, on te disait de passer un week-end à la maison, et tu répondais « ok mais pas avant un mois car avant je joue à Bologne, Paris, Lisbonne, Athènes, et puis Rome, Genève, Bâle, sans oublier quelques jours à Londres et Glasgow. » Normale, vraiment ?
(...)


Lire la suite , dans "Nouveau départ", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

jeudi 14 octobre 2010

Extrait - Contre toute attente

(...)
Il lui fallut plusieurs secondes pour que les mots qu’elle entendait, trouvent un sens dans son cerveau. Une voix sans état d’âme annonçait que le vol reliant La Valette, capitale de Malte,  à Paris avait disparu des radars une demi-heure après le décollage dans des circonstances encore inexpliquées et qu’on avançait l’hypothèse d’une avarie du moteur et d’un atterrissage forcé à moins que l’engin ne se soit écrasé en mer.  Il fallait être prudent, mais pour le moment, il ne semblait pas s’agir d’un acte de terrorisme.

On arrivait aux dernières mesures de Começar de novo : elle sursauta et donna un coup de volant brusque, en réalisant qu’elle allait percuter la voiture sur sa droite. L’information se distillait petit à petit alors qu’elle apercevait déjà la grande rotonde de Roissy, les parkings. Elle avança encore… Ce n’était pas possible, cela ne pouvait pas être son vol. Elle ne pouvait pas téléphoner, de toutes façons, les lignes devaient être surchargées,  il fallait avant tout se rendre au comptoir d’informations. Elle se gara à moitié sur le trottoir, et se mit à courir un peu au hasard, en essayant de ne pas faire attention aux mines rayonnantes qu’arboraient les gens qui arrivaient à Paris! (...)


Lire la suite , dans "Contre toute attente", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)


lundi 11 octobre 2010

J comme... Jarreau Al

(Photo exclusive Jean-Marie Juan, tous droits réservés)
Il porte plus souvent un béret qu'une veste de smoking... Sa séduction ne se compare pas à celle d'un crooner, d'un Johnny Mathis, d'un Tony Bennett...

Al Jarreau est unique: pas seulement parce qu'il est le seul chanteur qui mêle avec autant de bonheur le jazz, la soul, la pop et le R&B et qui a reçu sept Grammy Awards et nombre de récompenses dans ces trois catégories au cours des quarante dernières années...

Sa voix est son instrument, dont il joue avec virtuosité tandis que ses mains  promènent des accords subtils sur des claviers et des cordes imaginaires; c'est le roi du scat, ces onomatopées qui se substituent aussi bien aux notes qu'aux mots et qui nous laissent toujours un peu en suspens.

Tout le monde croit le connaître et pourtant l'on ne sait rien de lui... il faut bien chercher pour apprendre qu'il est le fils d'un pasteur et d'une pianiste, qu'il s'est marié deux fois. Où passe-t-il ses vacances? Comment s'appellent ses petits-enfants? On a du mal à l'imaginer grand-père tant les années  semblent avoir peu de prise sur lui, sur son visage heureux, sensible, tourmenté, inspiré, comme habité par la musique.

Al Jarreau est lumineux.

Quand j'écoute Mornin', je me revois sur une autoroute entre Philadelphie et Washington, vitres fumées, air conditionné et cette mélodie qui file à vive allure comme la voiture, avec le soleil qui se lève derrière quelques buildings de verre...

Cet été, à Marseille, le moment était magique et précieux - à plus d'un titre: d'abord le voir, pas seulement l'entendre, mais se dire, c'est lui, il est là, on pourrait le toucher: ce soir, pour quelques heures, nous respirons le même air doux de la pinède du  Palais Longchamp - c'est ce sentiment étrange de faire partie, une fraction de seconde, de la vie d'une idole, d'une icône, dans ce cas-là de Monsieur Al Jarreau!

Ensuite, il y a eu quelques mesures et je n'en ai pas cru mes oreilles: de toutes les chansons de son répertoire, il chantait l'une de mes préférées, en anglais et en français, une que j'écoute régulièrement en boucle (et je sais que je ne suis pas la seule, un de mes chers amis  le fait aussi...) dans laquelle il déclare connaître Milwaukee (et pour cause, il y est né ) et où il a cette jolie phrase: I'll go to Jupiter to be with her... c'est la chanson Says (*), pas la plus connue, pas dans l'album qui a eu le plus de succès, mais une chanson tonique, une chanson "bonne humeur", une chanson sur laquelle je laisse mon imagination faire ses propres clips...

She says it's me
I like it,
She says it's we
I like it
She says that we
Should try it
More us more we
I buy it


... et cet homme et cette femme marchent l'un vers l'autre, dans une foule, à Rio, à Paris, à Monte Carlo, ils se rapprochent, se cherchent, plan séquence, arrêt sur image, fondu enchaîné...

Elle dit c'est moi
C'est super
Je dis c'est toi
C'est super
Pour nous
ça va
C'est super

Ça va de soi
C'est super


Les Marseillais étaient ravis, Al Jarreau qui chantait en français, on chantait avec lui, je chantais avec lui, à quelques mètres de lui...

Et puis, et puis, la grâce est passée... le concert se termine déjà, c'est un peu triste comme les fins de fêtes, on a envie d'arrêter la nuit, de suspendre le temps, c'est trop court, on ne peut se résigner... les musiciens quittent la scène, Al Jarreau les suit... on a mal aux mains à force d'applaudir, on veut les faire revenir, les spectateurs se transforment en petits enfants qui croient encore qu'en tapant des mains, parfois des pieds, on peut provoquer des miracles...

Ce soir-là, le miracle s'est produit au Palais Longchamp, à Marseille: Al Jarreau est réapparu sur scène accompagné d'un homme à lunettes, aux cheveux grisonnants, un homme au sourire un peu timide: Al a dit, voici mon ami, Armando... il l'a dit avec un tremblement d'émotion et de plaisir dans la voix... Le sourire d'Armando s'est élargi un peu, il s'est assis au piano... et a commencé à jouer, une envolée de notes, d'une légèreté cristalline, l'air de ne pas y toucher, et Al s'est mis à scatter, à chanter, en regardant son ami... Le bonheur à l'état pur, les groupes, les familles avec bébés, les gens couchés dans l'herbe, les couples sur les transats, tous ont retenu leur souffle: les photographes ont flashé, quelque chose se passait: Al Jarreau chantait accompagné au piano par ...  Armando Anthony Corea, Chick Corea... deux géants à donner des frissons... deux complices, deux musiciens tout à la joie de jouer ensemble, qui pendant une vingtaine de minutes, ont "oublié" la foule, pour leur plaisir et pour le nôtre! Plus tard, backstage, ils parlaient encore d'accords et de nuances...

Al Jarreau, une espèce d'ange chantant, de magicien, de funambule musical...

Quelques jours plus tard, surmenage, altitude, retour à Marseille, et après l'inquiétude, le show goes on...

Take care Mr Jarreau, we still want to boogie down with you!

(*) ... et ce lien, pour retrouver la magie de cette nuit estivale à Marseille, avec un extrait de Says:

AL JARREAU 2010 - FESTIVAL DE JAZZ DES 5... par azed13vip

samedi 9 octobre 2010

Extrait - Les roses thé

(...)
Tiens, regarde, je t’ai amené des roses thé, comme tu les aimes ; elles vont durer un peu, elles sont en bouton… Attends, je vais les mettre ici, à droite, à l’abri ! Tu te souviens de cette poésie que tu me faisais réciter, de Théophile Gauthier, je crois… « La plus délicate des roses est, à coup sûr, la rose thé. Son bouton aux feuilles mi-closes de carmin à peine est teinté… » J’ai oublié la suite.(...)


Lire la suite , dans "Les roses thé", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mardi 5 octobre 2010

Extrait - L'impossible choix


Ce n’est quand même pas possible, et pourtant si, je suis enceinte ! Oh mon Dieu, qu’est-ce que je vais faire ? Mais c’est pas vrai, oh non, pas moi ! 

Laetitia aurait bien voulu s’être trompée mais elle savait que ce n’était pas le cas. Elle avait bien suivi les instructions, elle avait même regardé la démonstration du fabricant sur internet – elle connaissait le site par cœur – et attendu la minute décisive : pas d’erreur, une belle croix bleue avait rempli la fenêtre du résultat. Quatre-vingt dix-neuf pour cent de fiabilité.

Elle avait gardé le test dans sa boîte sur l’étagère de la salle de bains, une longue semaine, sans le toucher : on aurait dit qu’il la narguait, tous les matins, quand elle constatait qu’aucun changement n’était survenu pendant la nuit.

Lire la suite , dans "L'impossible choix", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mardi 28 septembre 2010

Extrait - La passeuse de codes barres


Pour Sandra il y avait deux sortes de personnes : celles qui lui souriaient et les autres.

Lorsqu’elle avait un peu de temps, quand il n’y avait pas de file interminable devant sa caisse, il lui arrivait de parier avec elle-même, en les voyant arriver de loin. Sourira ou sourira pas ?

Au début, ses collègues s’étaient gentiment moquées d’elle, tu verras, dans quelques semaines, tu feras plus attention à ce genre de détails, on a pas le temps ici !  Pourtant, un an après, elle scrutait encore les visages qui défilaient et quand elle accrochait sa blouse dans les vestiaires, Josie lui disait : « Alors, y en a eu combien, aujourd’hui ? » (...)


Lire la suite , dans "La passeuse de codes barres", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)


samedi 25 septembre 2010

Extrait - La voix de Michel Piccoli

(...)
Surtout ne pas oublier de sourire, c’est très important le sourire au téléphone, ça se sent, ça se voit. Mais faut-il mieux que je continue ma tirade pour l’empêcher de raccrocher, ou que je le laisse parler ? Attention à ne pas le mitrailler de mots !

Rouge diablesse, le tube aussi beau que sa couleur, l’avait séduite tout de suite : elle s’approcha du miroir pour mieux l’appliquer sur ses lèvres, naturellement bombées, pas une bouche de poisson remodelée, mais des lèvres sur lesquelles on l’avait souvent complimentée !

Et si ce n’est pas lui qui décroche ? Sa femme – il est marié, non ? -  ou une employée de maison?(...)


A suivre dès Octobre, dans "La voix de Michel Piccoli", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mercredi 22 septembre 2010

Merci...

... Quelques mots seulement pour remercier tous les lecteurs fidèles de ce blog qui prennent le temps de me suivre, de me lire, d'apporter leurs commentaires en direct ou par email...

Ce partage est un vrai plaisir pour moi!

Je vous embrasse.

lundi 20 septembre 2010

Extrait - Au marché des regrets

(...)
Il lui lisait L’art d’aimer d’Ovide, couvrait son gâteau d’anniversaire d’une multitude de bougies multicolores, « pour faire encore plus de vœux, et parce que les années, on s’en fiche… »  Il passait la voir à trois heures du matin, la surprenait dans son sommeil, la serrait dans ses bras et disparaissait. Ils discutaient des dimanches entiers d’Aragon et des Yeux d’Elsa et il lui commentait au téléphone des chapitres de sa thèse sur Camus.

Il était irrésistible et elle avait fini par ne plus résister! Et pourtant elle n’était pas femme à se pâmer dès qu’un homme lui disait «  A très vite… »

Elle remua un instant le sucre au fond de sa tasse vide, avant de lécher la cuillère : la douceur après l’amertume.(...)

A suivre dès Octobre, dans "Au marché des regrets", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

dimanche 19 septembre 2010

I... comme Inconnu(e)

Ce n'est pas pour tricher, parce que la lettre I serait une lettre difficile pour trouver ceux que j'aime: il y en a, Ionesco et pas que lui...

Mais l'occasion était trop belle pour s'arrêter un instant aux inconnus d'une vie.

Il y  ceux que l'on n'a jamais vus,  mais que l'on admire d'emblée, à commencer par le soldat qui repose sous l'Arc de Triomphe et les autres, combattants aux quatre coins du monde, d'hier et d'aujourd'hui, qui blanchissent de leurs croix l'herbe normande, ou s'entassent dans des charniers sanglants où le mot "humain" n'a plus de sens.

Les héros malgré eux, les vrais, qui sautent d'un pont dans l'eau glacée, tiennent tête à un fou furieux, risquent et parfois donnent leur vie pour en sauver d'autres.

Les anonymes, qui en mourant, permettent, grâce à leurs dons, de prolonger des vies.

Les inconnus qui ne s'étalent pas sur papier glacé, mais qui, jour après jour, souvent dans l'ombre, agissent pour l'intérêt de chacun...

Il y a aussi les inconnus que l'on sent proches de nous, que ce soit au milieu d'un concert, d'une manifestation ou d'un terrain de sport.

Les inconnus qui nous sourient, sans un mot, dans le métro, par signe de solidarité ou simplement par gentillesse, complicité de deux personnes après une journée de travail, fatigue partagée.

Il y a les regards d'inconnus dans une foule, ceux que l'on aurait aimé arrêter pour mieux les connaître, mais une vie ne suffit pas...

Et il y a eu, un soir froid de Novembre, à la Gare de Lyon, dans un train parallèle au mien, en partance pour l'Italie, un inconnu qui m'a fait un signe de la main; je l'ai accueilli comme un  geste de réconfort:  étudiante, j'allais traverser la France de nuit, pour accompagner une dernière fois mon grand -père, sous un carré de cyprès, dans le Midi...

mardi 14 septembre 2010

Extrait - Voyageuse

(...)
Elle avait toujours eu un faible pour les mains des hommes : elle n’en lisait pas les lignes, mais elle trouvait les mains très instructives. Un homme perdait toute sa prestance, lorsqu’elle découvrait des doigts trop courts, des ongles petits et carrés, un trait d’adolescent sur un corps d’adulte. Des mains calleuses pouvaient parfois être attirantes. En revanche, elle n’aimait pas les trop poilues ni celles des joueurs de guitare. Fines mais viriles, les doigts longs, les ongles soignés : les mains de l’inconnu savaient certainement caresser un visage, un corps : cette fois, elle ferma les yeux un peu plus longtemps, bercée par la torpeur de l’après-midi ; elle courait dans les blés, il lui prenait la main, ils riaient, il lui cueillait des coquelicots, il touchait ses cheveux.

A suivre dès Octobre, dans "Voyageuse", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

samedi 11 septembre 2010

"Les nouvelles de lui" à la télévision...

Petit coup de projecteur sur les Nouvelles de lui à la télévision! Merci Marc Décosterd! J'espère que cela donnera au téléspectateur l'envie d'en savoir plus... A bientôt, donc...

www.nrtv.ch/2010/09/10/art-obaz-du-09-septembre-2010/

http://dai.ly/bnfhJU

Art O'Baz du 09.09.2010 par nyonregiontv

lundi 6 septembre 2010

Extrait - Revanches cybernétiques

(...) C’était clair et net : Nathalie n’allait pas se laisser faire ! Stéphane apprendrait de quoi elle était capable !  Elle ressassait sa vengeance depuis 16 heures, si bien qu’elle n’avait suivi la réunion que d’une oreille, et qu’elle avait dû demander à sa collègue quelle serait la ligne directrice de la prochaine campagne de communication pour les couches de bébés: elle, elle avait d’autres stratégies en tête !
Ce type avait vraiment du toupet ! Ça faisait trois mois qu’ils étaient « ensemble », et il la prenait pour une imbécile pour la deuxième fois! (...)

A suivre dès Octobre, dans "Revanches cybernétiques", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

mercredi 1 septembre 2010

H... comme Holder Eric

J'aimerais avoir rendez-vous avec Eric Holder.

Ce ne serait pas dans le bar lounge d'un hôtel parisien à la mode, bruyant et pour "people" en quête de notoriété.

Ni dans un haut lieu pseudo-littéraire germanopratin.

Non, je l'imagine m'attendre - les grands-mères enseignaient aux petites filles de toujours se faire un peu désirer quand elles seraient grandes...- assis en retrait sur la banquette rouge d'un bistrot de la rue Pascal, près des Gobelins, ou non loin de la rue de Rome, à deux pas d'un atelier de luthiers.

A moins que nous nous retrouvions dans la salle déserte d'un petit hôtel de province, dans le Sud-Ouest,  comme celui qu'il décrit dans la Baïne, une après-midi d'arrière-saison.

Il n'aurait plus son bandana autour du front, mais toujours ses lunettes rondes. Je ne sais pas s'il serait réservé ou très disert.

En tous cas, moi je voudrais le rencontrer pour parler d'écriture avec lui, autour d'une menthe à l'eau ou d'une verveine qui deviendrait vite froide, au fur et à mesure de la conversation.

Nous pourrions évoquer la manière de travailler sur des nouvelles, s'il a un rituel, les trésors de son univers... ses mots simples et évocateurs. Je partagerais avec lui mon "abécédaire", les mots qui apaisent ou bouleversent.

J'ai l'impression que nous aurions des choses à nous dire. Lui aussi, traque les sursauts et les tremblements de ses personnages, comme un chasseur aux aguets... Sa Mademoiselle Chambon ne fait pas beaucoup d'éclats, et pourtant, elle sait ébranler les certitudes d'une vie.

J'aimerais lui avouer que je l'envie d'avoir trouvé des titres qui m'auraient bien plu, pour mes romans: Bruits de cœurs, Jours en douce, Les sentiers délicats, On dirait une actrice, Masculins singuliers...

Je passerais un long moment à lui parler de son style qui me charme, et nous pourrions commenter certaines de ses phrases, telles que:  (...) "Les piles de livres près des lits ouverts, l'après-midi. Le soleil dessine au-dessus un rectangle plus clair dans le blanc du mur. Des livres pour un oui pour un non. Pour leur couverture. Pour trois mots attrapés en dessous, derrière." et encore, (...) " Nous sommes peu de chose. Quelques détails nous séparent de nos congénères. Ce sont éclats brillants, morceaux de verre réverbérant le soleil. Ce qui reste de la maison dans les décombres de l'incendie." (Les sentiers délicats, La dilettante).

Bien que du Nord, il a vécu dans le Sud, nous aurions pu nous y croiser... Si les hasards du monde cybernétique qui agissent souvent par ricochets, l'amènent à lire ces lignes, alors, appelez-moi, Monsieur Holder, maintenant vous le savez, j'accepterais volontiers votre rendez-vous!

jeudi 26 août 2010

Extrait - Questions sans réponse

Elle était arrivée tôt, rien que pour cela, pour ressentir le calme d’avant la
tempête, ce calme d’eau verte de rivière qui cache des tourbillons : la
...tempête dans la tête, les emballements du cœur, viendraient plus tard, à
l’instant où il pousserait la porte.

Depuis une semaine, elle ne pensait plus qu’à ce rendez-vous. Elle savait que tout se déroulerait autrement que ce qu’elle imaginait et pourtant le film passait et repassait, la nuit, le jour, quand elle parlait avec son fils ou un commanditaire au
téléphone, elle y pensait constamment. (...) 

A suivre dès Octobre, dans "Questions sans réponse", une des "Nouvelles de lui" (Géhess Editions)

samedi 21 août 2010

G... comme Girardot Annie


J'ai aimé Annie Girardot...

... sa période italienne, ses cheveux mi-longs, quand elle était Madame Renato Salvatori.

Et puis sa voix qui sait se faire douce ou sèche pour assener une vérité qu'elle défend.

Je l'ai aimée, gentiment frondeuse, dans Cause toujours...tu m'intéresses.

Aussi à l'aise dans un lit avec Delon, dans Traitement de choc, qu'avec de Funès dans la Zizanie...

Je l'ai aimée, en femme trompée face à un Montand fuyant dans Vivre pour vivre, et puis en amante lumineuse séduisant Belmondo, l'Homme qui (lui) plaît dans les plaines du Far West ...

En médecin aux prises avec le cancer, j'ai aimé son rôle de Francoise Gailland, et quand en Gabrielle Russier, elle se meurt d'amour pour un jeune homme - Bruno Pradal, acteur trop vite disparu et à ne pas oublier -, je l'aime et je pense aux Cougar women d'aujourd'hui et aux principes d'une société dépassée.


J'ai aimé ses cheveux courts de femme indépendante, ou encore ses pudeurs de Vieille fille en croisant le regard de Philippe Noiret dans un petit hôtel de province...


Actrice française ou simplement Française jouant la vie quotidienne sur grand écran, je l'ai aimée très fort!


Je l'ai aimée surtout en Marie-Louise Boursault, qui, chaque année, croyait au printemps le jour de la Chandeleur, et qui courait dans la neige, un chapeau de paille rose fuchsia à la main, en attendant le retour de Jean Rochefort...


Elle n'était pas grande de taille, quand je l'avais vue, face à moi, à la sortie de la pièce Madame Marguerite...


Il y a quelques années, rue de Turenne, dans le Marais, elle achetait des magazines et prenait plus de temps qu'il n'en faut pour chercher quelques pièces au fond de son sac. Cinq minutes plus tard, elle était assise à la table derrière moi, au café qui fait l'angle de la rue des Francs-Bourgeois... J'ai jeté quelques regards furtifs à cette dame, devenue vieille, à l'air un peu ailleurs... J'ai tourné ma cuillère dans la tasse un bon moment, en me demandant comment l'aborder, lui dire toute mon admiration pour elle... Nous étions seules à cette terrasse, il faisait un peu frais, j'ai hésité, et si elle ne se souvenait plus? Je ne voulais pas l'agresser... Je me suis levée, j'avais un train à attraper, je l'ai encore regardée et je me suis éloignée.

C'était là ou jamais. Ce sera sûrement jamais et depuis ce moment, je le regrette.

Et je l'aime toujours!

NB: Un lien à voir absolument:
"Annie Girardot, a tribute to French cinema"

jeudi 12 août 2010

"Des nouvelles de lui" (Géhess Editions) en avant-première...

Parution Octobre 2010... Pour recevoir un exemplaire dédicacé, vous pouvez dès à présent m'envoyer un email: regine_zambaldi@hotmail.com






lundi 9 août 2010

F... comme Frisch Max

Quel dommage qu'il ne soit plus là pour poser son regard lucide et sans concession sur les travers de la société suisse et européenne ou pour sonder les différentes strates de notre conscience! Max Frisch a tellement bien fait de laisser l'architecture au profit de la littérature: sans cela, la Suisse aurait été privée d'un de ses plus grands écrivains de langue allemande -  bien traduit en français, j'ai comparé...-    Je pense à sa façon passionnante d'analyser la frontière, parfois très ténue, entre l'être et le paraître, ou encore l'arbitraire du concept d'identité, en essayant de répondre à la question existentielle "Qui suis-je?".  Dans Mein Name sei Gantenbein (1964), il montre des situations sous l'angle de trois personnes; l'un d'eux se fait passer pour aveugle " pour mieux voir ce qui se passe autour de lui, et surtout autour de sa femme..."

Avec Stiller (1954), on est presque dans un thriller avec Matt Damon: un homme est arrêté, on se trompe sur son identité, il proclame s'appeler autrement, mais même sa prétendue femme le reconnaît... De quoi se demander qui l'on est vraiment...

Est-ce que l'on décide un jour qui être dans sa vie, quel personnage endosser, et puis on continue à jouer ce rôle?  Ne pourrait-on pas devenir quelqu'un d'autre?

Zurich transit (1966), écrit  sous forme de scénario, montre un homme qui lit son avis de décès dans le journal que tient le passager assis à ses côtés dans un avion: vol de sa voiture sur le parking de l'aéroport, accident - le voleur n'était pas habitué à conduire une Porsche- quiproquo sur l'identité de la victime... du coup, il décide de ne pas détromper sa famille, ses amis, et de devenir l'observateur de sa propre mort: il va à son enterrement, il écoute les commentaires, il voit surtout comment se comporte sa femme... et au fur et à mesure, il a de moins en moins envie de ressurgir au milieu de ses proches... il réalise qu'il a la possibilité de devenir quelqu'un d'autre, qu'il est neuf: le sentiment est grisant, un peu comme avant de faire un grand saut en parachute ou dans l'inconnu.

Il décrit aussi les moments où la vie bascule, où l'on se surprend soi-même à toutes les audaces... L'homme, dans Homo faber (1957) est un cartésien, un Dipl. Ing. (un ingénieur diplômé d'état) ce qui laisse supposer beaucoup de méthode et peu de fantaisie: et pourtant, il suffit d'une jeune fille délurée avec une queue de cheval qui joue du ping-pong sur le deck d'un paquebot transatlantique pour que les certitudes s'effondrent, que les bouleversements s'enchaînent... Frisch y ajoute tous les éléments d'une tragédie grecque et cela donne des pages inoubliables!

Frisch, lui-même, n'est pas si loin de ses personnages d'hommes bien organisés, et pourtant, on a envie de dire " Cherchez la femme!" La mère de ses enfants, puis l'écrivaine Ingeborg Bachmann,  suivie d'une étudiante de presque trente ans de moins que lui, et d'une Américaine... que l'on retrouve sous le nom de Lynn dans Montauk (1975) : on imagine une Candice Bergen  avec laquelle l'auteur serait allé passer un week-end dans ce haut-lieu de Long Island, à observer le ressac des vagues  tout en découvrant l'inconnue avec laquelle il est parti...

Le style est comme un collage, quelques phrases en anglais, des juxtapositions, un puzzle de mots, d'impressions, le kaléidoscope d'une liaison.

Frisch était préoccupé par l'idée de  "Vergängnis", c'est à dire le côté éphémère des choses qu'il essayait de coucher sur le papier, pour les faire durer un peu plus, en quelque sorte...

J'aime cette photo de lui, souriant, détendu: différente de celles, où plus sérieux, il fume la pipe en se cachant derrière des lunettes à la Marcel Achard...

             
                                          

vendredi 6 août 2010

Salon des Auteurs à Morges (Suisse), 3-5 septembre 2010

Petite parenthèse en attendant le F: j'ai le grand plaisir et honneur d'être invitée au Salon des auteurs, "Le livre sur les quais" qui se tiendra à Morges, au bord du lac Léman, du 3 au 5 septembre 2010.

J'y dédicacerai mes romans, hélas, "Les nouvelles de lui" ne seront pas encore sorties, mais la réimpression de "De vous à moi" devrait être achevée...

Je serai en bonne compagnie aux côtés de Jean-François Kahn, Marc Lévy, Madeleine Chapsal, Irène Frain, Etienne Barilier, Dominique Barberis et beaucoup d'autres.

Pour les heures de dédicaces, à suivre....

Plus d'informations sur le lien: http://lelivresurlesquais.ch

vendredi 30 juillet 2010

E... comme Soeur Emmanuelle

Elle aurait pu rester Madeleine Cinquin, mener la vie confortable et aisée de sa famille, voyageant entre Paris, Bruxelles et Londres; trouver un mari, et se rendre à la messe, tous les dimanches, en faisant tinter quelques pièces au fond du gobelet d'un mendiant, sur les marches de l'église, pour être tranquille avec sa conscience.

Elle aurait pu..., mais ce n'est pas le destin qu'elle s'est choisi.

Elle est partie, à Istanbul, en Tunisie, enseigner la philosophie à des jeunes filles dans des institutions catholiques, elle qui avait prononcé ses vœux en 1931.

Mais ses élèves, à la vie trop facile, ne s'intéressaient pas assez aux misères qui les entouraient, pas comme Sœur Emmanuelle, qui ne voyait que cela!

L'important est ailleurs: elle est en Égypte, elle s'occupe des filles d'un quartier défavorisé, elle va donner toute son énergie, sa fougue, sa joie et sa détermination à ce pays qui en retour lui offrira sa nationalité.

Pendant plus de vingt ans, dans les bidonvilles du Caire où elle va s'installer, pour développer des projets de santé, d'éducation, au milieu des plus pauvres parmi les pauvres - comme s'il y avait une échelle de la pauvreté, des degrés plus supportables que d'autres... - ; elle apporte aux "chiffonniers",  ils sont plus de 23 000, à ceux qui ont pour tout horizon des montagnes de déchets qu'ils ramassent, son amour, sa considération. Grâce à elle, des petits garçons et petites filles sont scolarisés, la violence diminue, les femmes deviennent plus émancipées...

Je suis certaine que ce sont les yeux des enfants qui n'ont rien si ce n'est leur sourire, leur joie de vivre en dépit du malheur, la générosité de ceux en manque de tout, qui lui auront apporté la preuve que l'essentiel des valeurs humaines donne la force indéfectible qui permet d'avancer, envers et contre tout, jour après jour.

Elle devait revoir défiler ces regards, ces petites mains souillées, ces abris de fortune, dans son dernier refuge varois, avant d'aller, à quelques semaines de son 100ème anniversaire, raconter, plus haut, ce qu'elle avait vu ici-bas...

samedi 24 juillet 2010

D comme... Dréjac Jean


On connaît moins son nom que les textes qu'il a écrits, pendant des décennies, poète en chansons, interprétées par Piaf, Montand, Aznavour, Renaud... et tant d'autres!

Jean Dréjac était né en 1921, et l'auteur du célèbre Ah, le petit vin blanc, repris à tue-tête dans les guinguettes,  ou  encore du mythique Sous le ciel de Paris, sur lequel tant de couples se sont enlacés. L'homme à la moto, c'est lui toujours.

Moi, j'aime surtout quand les mots de Jean Dréjac rencontrent la musique de Michel Legrand - qui d'ailleurs évoquait son talent dans un concert donné dans l'église de St Germain des Prés à la fin du mois de mai- et la voix et l'interprétation bouleversante de Serge Reggiani: il ne reste alors qu'à fermer les yeux et à écouter en boucle, en savourant une nuance de ton, la rondeur d'un mot, ou une envolée de notes.

Je pense à Contre vents et marées, à Rupture, et particulièrement au Vieux costume, où l'espace de quelques strophes, on entrevoit tous les regrets liés au temps qui passe et que l'on tente de retenir avec un bout d'étoffe qui sent le lilas fané... et dont on a peine à se défaire...

(...)
Mais on n'hésite encore un peu
Au moment de faire le geste
On croit revoir encor' dans le
Pli de la veste
La main qui venait s'y poser
Quelquefois le temps d'une danse
Tant de destins se sont croisés
Quand on y pense
Tant de regards qui plus ou moins
Se sont enfoncés dans la brume
Qui ont eu pour dernier témoin
Le vieux costume


Il a dansé sous les lampions
Au temps de la folle insouciance
Pour la valse j'étais champion
C'était ma danse
Il faisait bien dans le décor
Quand l'amour était au programme
Il épousait avec le corps
Un peu de l'âme
De tous ces moments de bonheur
Il a gardé comme une trace
Qui fait qu'on a soudain le cœur
Dans une impasse:
Ou bien regarder l'avenir
Le jeter au feu qui s'allume
Ou bien garder en souvenir
Le vieux costume.
(...)

Pour ressentir des tressaillements dans le cœur, on peut retrouver ce trio de poètes musicaux en écoutant la chanson Edith, composée en hommage à Piaf...





samedi 17 juillet 2010

C comme Claudel Camille

Elle est morte en 1943, c'était hier... et pourtant on a parfois l'impression qu'il y a très longtemps que l'on internait des femmes pour leur différence, leur talent, leur défi aux conventions... et ce, pendant trente ans!

Du talent, elle en avait, et pas seulement en tant qu'élève du maître Rodin, mais aussi, quand, devenue sa maîtresse, elle sculptait le Baiser avec lui...

Hélas, il est mort trop tôt pour l'aider à se libérer... et même son frère Paul n'y pourra rien changer...

Beaucoup de ses œuvres, dans lesquelles elle essayait de saisir les gestes simples de la vie, s'exposent dans la paix du Musée Rodin.

Cette femme de génie qui travaillait dans son atelier de l'Île St Louis et d'autres, suscite mon respect, mon admiration, ma peine aussi... je l'imagine dans une chambre vétuste, loin de ses outils de création, la tête pleine d'idées, de matière, de chefs-d'œuvres qu'elle devait continuer vainement de sculpter en rêve...

Elle est rejointe, aujourd'hui, encore et partout, par des artistes, hommes et femmes, qui dérangent à cause de leurs opinions, leurs visions, leur lucidité et que l'on muselle impunément! Restons vigilants!

jeudi 15 juillet 2010

B comme Bobin Christian

Comment ne pas aimer celui qui écrit cela:

"On peut s'éprendre d'une femme pour une manière de ramener ses cheveux sur sa nuque, pour la négligence dans sa voix, ou la lumière sur ses mains. Pour une raison aussi simple, on abandonne le tout de sa vie. "

Ou encore:

"Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons même pas la terre. Le cœur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.

et puis:

(...)si éclairants soient les grands textes, ils donnent moins de lumière que les premiers flocons de neige. 
[...] il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n'est pas pareil 


Les mots de Christian Bobin, philosophe poète, contemplatif, ont la pureté du diamant, la précision de l'orfèvre, la simplicité de ce qui est unique!
La folle allure, le huitième jour de la semaine, une petite robe de fête, la part manquante, et surtout la plus que vive, autant de livres avec lesquels on vit: que l'on reprend pour une phrase, un mot, un passage qui sonne chaque fois différemment selon notre état d'esprit.
Sa Ghislaine tant aimée est effectivement plus que vive et Bobin en fait un portrait d'une extrême délicatesse, aussi vif et lumineux qu'une flamme.
Toutes les mères devraient lire les pages qu'il leur consacre pour s'en aller dans leur vie, plus sereines.

Quant à moi, je garde, tel un trésor, une de ses lettres, pliée en quatre dans mon portefeuille...


mercredi 14 juillet 2010

A comme Allen Woody

 Un air de pas y toucher... une façon inimitable de couper les cheveux en quatre dans des conversations sans fin qui passent des considérations les plus futiles aux plus philosophiques.

J'aime Woody Allen!

Son amour pour New York, sa ville, qu'il filme mieux que personne en couleurs ou en noir et blanc...

Cet air décalé, hors des modes, sa fidélité à lui-même, ses bons mots... Son savoir-faire cinématographique, évidemment!

Je l'aime aussi, pour les fous rires que me donne chaque fois son Manhattan Murder Mystery... 

Avec le temps, il semble avoir trouvé une certaine sérénité, il paraît plus heureux...

Un ami l'a croisé dans la rue, près de chez lui, dans l'Upper East Side, et s'est souvenu que c'était le jour de son anniversaire: il lui a murmuré un "Happy birthday" au passage- Woody a eu un sourire très doux...

Un de mes regrets:  ne pas encore l'avoir entendu jouer de la clarinette au café de l'hôtel Carlyle - déjà deux rendez-vous manqués à quelques jours près!



(photo: toutlecinema.t.o.pic.centerblog.net)

dimanche 11 juillet 2010

Ceux que j'aime...

... c'est dimanche, c'est l'été, les cigales chantent, il fait chaud un peu partout...

Après l'abécédaire des mots que j'aime et que je n'aime pas, j'ai envie de continuer de A à Z, mais en passant des noms communs aux noms propres. En évoquant cette fois ceux que j'aime, c'est à dire les personnes, que j'admire, pour leur travail, leur personnalité, leur attitude, leur charisme, leur charme...

Des hommes et des femmes, dans leur univers de littérature, cinéma, philosophie, musique, mais aussi des plus anonymes, personnes croisées un jour et jamais oubliées, proches ou moins proches de mon quotidien.

Là encore, le choix sera difficile, partial et j'oublierai forcément beaucoup de personnalités admirables - pardon par avance!

Je tenterai d'expliquer succinctement les raisons de mon choix, qui tiendront parfois à une occasion particulière et personnelle et non à un engouement plus général.

Comme pour les mots, j'espère que vous me suivrez, que vous n'hésiterez pas à commenter mes choix, à les compléter ou à partager les vôtres...

Que l'été vous soit doux!

Je vous embrasse...

mercredi 7 juillet 2010

Chose promise...

... chose dûe!

Le manuscrit des "Nouvelles de lui"  remis à mon éditeur vendredi, je vais pouvoir me consacrer à mon blog avec plus d'assiduité... et y retrouver mes lecteurs, en attendant la rentrée...

On commence dimanche, et on ne va plus se quitter une partie de l'été, si vous le voulez!

A très vite!

dimanche 13 juin 2010

Confidence pour confidence...

...chers ami(e)s,

Comme certains d'entre vous le savent déjà, mon prochain livre, un recueil de nouvelles, paraîtra à la rentrée... Il s'appellera: " Des nouvelles de lui"...

Mon éditeur m'a promis des projets de couverture pour bientôt... J'espère pouvoir le ou les partager avec vous...

A suivre donc!

Je vous embrasse

mercredi 2 juin 2010

Z...

Le mot que j'aime: ZESTE

La perfection d'un tiramisu ou d'une tagine tient souvent à quelques morceaux d'écorces d'orange ou de citron... la preuve que ce sont souvent les petites choses qui font les grandes différences... il faudrait s'en souvenir plus souvent dans notre quotidien: un zeste d'humour, un zeste de sourire, un zeste de bonne humeur, un zeste de tendresse et de douceur, un zeste d'indulgence et la vie devient tellement plus belle!


Le mot que je n'aime pas: ZIZANIE

On ne s'en méfie pas assez, ce mot est trompeur, il a l'air bien inoffensif avec ses sonorités à l'italienne: et puis c'était drôle quand Louis de Funès grimaçait pour Claude Zidi. Pourtant il cache des brouilles, des secrets de famille, des non-dits mal digérés: il y a des gens qui savent bien la semer... comme la mauvaise herbe: il faut effectivement apprendre à séparer le bon grain de l'ivraie, et définir ses priorités: laisser les mésententes de côté et privilégier l'harmonie!

dimanche 30 mai 2010

Avant les deux derniers mots...

... et la lettre Z, j'avais besoin d'un espace, pour faire durer encore un peu le plaisir...

Dommage que l'alphabet n'ait que 26 lettres, cet exercice quasi-quotidien va me manquer! J'ai beaucoup aimé choisir des mots selon mon inspiration et mon état d'esprit du moment, ou parfois me laisser porter et manipuler par eux! Et comme aucun choix n'est complètement innocent, je me rends compte que j'ai aussi dévoilé un peu de moi en entrouvrant une partie de mon univers lexical...

J'ai surtout aimé les partages que j'ai suscités: merci pour vos commentaires, sur mon blog, par emails, au téléphone ou lors de rencontres... Merci de m'avoir suivie, encouragée, lue!

Il est question de faire éditer cet abécédaire:  beaucoup de lecteurs du blog s'imaginent bien l'ouvrir à l'heure de l'apéritif ou du café, et puis demander à leurs amis et invités quels sont leurs mots préférés... donc, je vous tiendrai au courant de la suite de l'aventure de cet abécédaire à ma manière...

On m'a dit: Et après?  Qu'est-ce qu'il y aura sur le blog?

J'ai des idées. J'ai envie de continuer ce dialogue à plusieurs voix... je vous dis donc à très vite!

Je vous embrasse, et rendez-vous au Z...!

NB: Vous avez pu admirer, comme moi, les belles lettres brodées qui ont illustré ces 52 mots; j'ai puisé dans les créations de: www.creatricesbroderiemachine.com

samedi 29 mai 2010

Y...

Le mot que j'aime: YAOURT

Il peut être bulgare, à la fraise, au miel ou sans sucre, peu importe, il est fait de l'aliment de base, le lait; c'est l'une des premières et des dernières choses que nous mangeons dans notre vie. C'est presque un doudou... Et puis dans nos quotidiens trépidants, il est pratique, vite quelques coups de cuillère pour le calcium... En plus, il ne nous culpabilise pas avant d'affronter les plages, et il a un petit côté pur et zen qui va bien avec yoga!

Le mot que je n'aime pas: YACHT

J'adore les bateaux, les barques, les paquebots, les goélettes, les pointus, les bacounis, les yoles, les voiliers, les deux-mâts, les navires... et j'aime aussi beaucoup les yachts, mais à Cape Cod, ou du côté des Hamptons et de Martha's Vineyard. J'ai un problème avec ce mot quand il n'est employé, en français,  que pour la frime, le snobisme, le bling-bling... Quand les commentateurs des gazettes et autres reportages à faire baver d'envie Monsieur et Madame Toutlemonde, utilisent, dans l'hexagone, des superlatifs à l'américaine pour décrire le plus grand palace flottant du monde et le yacht le plus cher jamais ancré dans un port de la Méditerranée!

jeudi 27 mai 2010

X...

Le mot que j'aime: XYLOPHONE

Des notes aussi légères que des bulles de champagne, dans la nuit parfumée d'un festival de Juillet en plein air, Lionel Hampton, inoubliable. Ou encore Milt Jackson sur un vinyle retrouvé. On retient son souffle, on a l'impression de voler avec les arpèges. Les musiciens sont des magiciens, mais ils semblent l'être encore plus avec cet instrument: on se souvient aussi de celui qu'on nous avait offert, des notes de toutes les couleurs et l'on tirait un peu la langue en s'appliquant pour jouer "Au clair de la lune..."

Le mot que je n'aime pas: XENOPHOBIE

La phobie, la peur de ce que l'on ne connaît pas, en l'occurrence, l'autre, l'étranger, le barbare, celui qui n'utilise pas les mêmes mots, qui vit différemment, qui mange des choses bizarres et qui, surtout,  a souvent une autre couleur de peau, ou une autre médaille autour du cou. Ce mot est récurrent dans notre vocabulaire, il ne se laisse pas oublier, et même si tout le monde ne le connaît pas, beaucoup le pratique sans le nommer: c'est un mot qui nous dit que le progrès, les technologies, les sciences se développent, mais que le fond de l'homme reste inchangé, et ne sait hélas pas tirer les leçons de son histoire.

mardi 25 mai 2010

W...

Le mot que j'aime: WAGON-LIT

Qui n'a pas rêvé au mythique Orient-Express, quitter la Gare de l'Est, à Paris, pour arriver sur  les bords du Bosphore après ceux du Danube... sans meurtre de préférence! C'est le luxe de dormir dans de vrais draps, d'être réveillé par un petit déjeuner au lit tout en découvrant de nouveaux paysages. C'est aussi des serments arrachés sur des quais, à d'aventureuses madones des sleepings!

Le mot que je n'aime pas: WAGON

On dirait le même, et pourtant, il suffit d'enlever la deuxième partie du mot, et on change déjà d'univers. Des marchandises qui traversent des gares désertes, à vitesse réduite, au milieu de la nuit, et on se demande de quels déchets il s'agit; du bétail, entassé, déboussolé, qui doit regretter de ne plus être dans les prés pour regarder les trains passer. Et puis comment ne pas penser à d'autres trains qui filaient dans le brouillard, entraînant des hommes, des femmes et des enfants, hagards ou trop confiants, en partance pour des voyages sans retour...

vendredi 21 mai 2010

V...

Le mot que j'aime: VERVE

Cela commence comme "verveine", un autre joli mot , mais c'est tout sauf de la tisane: la verve, c'est comme une cascade, une course éperdue dans les champs, une fugue de Bach, c'est le brio, l'énergie, l'enthousiasme, la fougue, c'est convaincre, charmer, désarmer toute résistance, balayer tous les obstacles: c'est une force vive qui entraîne l'adhésion, l'admiration, l'optimisme. Qui parfois donne du courage, sous le soleil, à ceux qui en ont besoin... Ce n'est pas surprenant que ce soit aussi le nom qu'a choisi l'un des plus grands labels de jazz, musique pleine de verve, par excellence!


Le mot que je n'aime pas: VEULE

C'est un peu le contraire du mot que j'aime, même le prononcer provoque une sorte de moue apathique... pas d'énergie, pas de tonus, on traîne ce mot comme on traîne ses humeurs, ses indécisions, on hésite, et pour finir, on ne fait rien... Ou, plus grave, on laisse faire, sans se rebiffer, on baisse les bras, et là, cela devient sérieux: il ne s'agit plus de passer des matinées au lit, sans but, mais de fermer les yeux quand il faudrait agir, de détourner la tête sans tenter quelque chose, de manquer de force morale, d'abdiquer et d'oublier ses convictions au profit d'un lâcheté certaine.

lundi 17 mai 2010

U...

Le mot que j'aime: ULTIME

On ressent une montée d'adrénaline avec ce mot: on est dans l'urgence, ce n'est plus le moment d'hésiter. C'est la chance qu'il ne faut pas laisser passer car elle ne reviendra pas, l'opération à tenter car l'on n'a plus rien à perdre, les actions décisives à entreprendre afin d'éviter la catastrophe, le dernier effort avant la victoire. On joue le tout pour le tout, on est au bord du précipice: demain n'existe pas, c'est maintenant ou jamais!


Le mot que je n'aime pas: USURE

Le temps qui passe fait mal en l'évoquant ... c'est Léo Ferré qui chante qu'avec le temps, tout s'en va... Usure des sentiments, usure des gestes, usure des habitudes... et puis l'usure des objets aussi, parfois jusqu'à la cassure. Reggiani chantait une femme aimée dont la bouche était usée par les baisers...

Il n'y a que les meubles qui supportent assez bien l'usure: cela leur donne la patine qu'affectionnent les antiquaires et les collectionneurs.

dimanche 16 mai 2010

T...

Le mot que j'aime: TROUBLE(E)

Je trouve cet adjectif très éloquent: on est dans le domaine de l'impalpable, comme le désir. Il suffit d'un regard, d'un sourire, de presque rien, pour soudain rougir comme une très jeune fille. C'est un léger tressaillement du côté du cœur, un battement plus rapide des cils, un infime tremblement qui passent inaperçus si ce n'est pour le fauteur du trouble! On balbutie, les phrases se bousculent et l'on s'en veut un peu d'être si vulnérable... J'aime aussi le thé qui se trouble lorsque l'on y verse un nuage de lait, ou encore l'eau qui prend des reflets d'opale au contact de l'ouzo ou de quelques gouttes de sirop d'orgeat!


Le mot que je n'aime pas: TRAÎTRE

Le mot est bref et claque comme un coup de serpe, sans appel. Il y a les méchants, et puis il y a les traîtres: ceux-là sont pires, car ils se sont fait passer pour des gentils, et puis ils ont trahi! On leur a donné notre confiance, notre amitié, nos économies. Un jour, on entrevoit leur vrai visage et l'on se sent floué, trompé, parfois même autant avili qu'amoindri. On les trouve dans les livres d'histoire, les colonnes des journaux et hélas, parfois aussi dans notre entourage!

samedi 15 mai 2010

S...

Le mot que j'aime: SUBREPTICEMENT

C'est un mot qui n'est pas innocent: un pickpocket dans une foule, un geste rapide, et parti le porte-monnaie... mais ce n'est pas pour cela que ce mot m'attire, comme un reptile qui fascine.  Je préfère imaginer les choses que l'on ne peut retenir, et qui avancent, à notre insu, la force de la vie qui nous pousse, peu à peu, à la croisée des chemins et des choix... Et puis, il suffit parfois d'une parole pour, l'air de rien, faire céder les digues, tomber les défenses. C'est aussi une bretelle en satin, qui, au fil d'une conversation, glisse sur l'arrondi d'une épaule...


Le mot que je n'aime pas: SOUS-ENTENDU

Ici, c'est autre chose: bien sûr, il peut y avoir des sous-entendus qui laissent présager des lendemains qui chantent. Mais d'une manière générale, je n'aime pas ce mot quelque peu sournois, qui sert de masque à certaines lâchetés: on insinue au lieu de dire, on se cache derrière d'autres mots dont on pervertit le sens, le contraire de la sincérité... on met au bon moment le ver dans le fruit et on observe le travail de sape que l'on a déclenché...

mercredi 12 mai 2010

R...

Le mot que j'aime: RÉMINISCENCE

Ce n'est pas une science, mais on aurait presque envie d'y rajouter un "i" en lisant ce qu'en disent certains philosophes... Si l'on n'en connaît pas le sens, c est un mot un peu mystérieux, élégant, qui intimiderait presque. Souvenirs diffus, mémoire opaque, une impression de déjà-vu difficilement explicable... Lorsque l'on écrit un roman, c'est peut-être notre part d'inconscient qui remonte à la surface!


Le mot que je n'aime pas: ROT

Il n'est pas question ici du rôt, de viande rôtie à la broche... mais de ce que certains considèrent être la conclusion logique d'un succulent repas, et qu'il est courant de faire à gorge déployée dans plusieurs pays dont l'Inde. Ce n'est pas parce que je suis à cheval sur les règles de bienséance, mais ces bruits discordants, plus ou moins profonds, de régurgitation sonore, devraient rester, selon moi, les plus discrets possible.

mardi 11 mai 2010

Q...

Le mot que j'aime: QUESTION

Il faut s'en poser, souvent à soi-même, certains questionnements permettent d'avancer, ne dit-on pas que formuler la question, c'est déjà un pas vers la solution?  La curiosité tient en éveil, la remise en question aide à s'améliorer... Rien ne vaut une question pour relancer un débat ou pour éviter une réponse difficile! Et puis s'interroger sur quelques idées reçues ou exercer son esprit critique sur certaines initiatives est un bon moyen de rester un citoyen vigilant.





Le mot que je n'aime pas: QUIPROQUO

Dans les pièces de boulevards, ce n'est pas bien grave, assurément, les personnages de Feydeau finissent toujours par rétablir la vérité... mais je n'aime quand même pas ces situations qui perdurent, peut-être parce que j'ai horreur des malentendus, des réactions en chaîne provoquées par une erreur qui aurait pu être facilement corrigée. Ou alors, le quiproquo se doit d'être court: se méprendre sur l'identité d'une personne, puis très vite s'en rendre compte et rire ensemble de cette méprise!

lundi 10 mai 2010

P...

Le mot que j'aime: PASSERELLE

C'est un mot si joli que cela pourrait être le nom d'un oiseau qui niche sur les bords des étangs... C'est plus léger qu'un pont, c'est parfois à claire-voie et souvent elle vacille lorsqu'on la traverse. Il y en a de très romantiques, comme celles qui enjambent le Canal St Martin... C'est un joli mot aussi au sens figuré: elles tissent des liens entre les gens, les musiques, les idées...

Le mot que je n'aime pas: PROMISCUITÉ

Être ensemble, mais ne pas l'avoir choisi: c'est la proximité sans passerelle psychologique, c'est la cohabitation forcée et mal vécue. Ce mot négatif rend mal à l'aise: on ressent une sorte d'étouffement, d'espace vital confisqué, un état proche de la claustrophobie, une sensation de mauvaise haleine et de coups de coudes dans les côtes... on pense, bien sûr, à l'univers carcéral, mais aussi aux camps de réfugiés, aux exodes, aux situations à l'extrême de l'humain...