dimanche 22 janvier 2017

Sourires et technologie ou ce qui compte vraiment...

Paris:Four Seasons George V, fleuri par Jeff Leatham
Le monde des hôtels de luxe fait rêver même les plus blasés. Une fois passées les imposantes portes, les bruits de la rue s’estompent, on pénètre dans un univers souvent hors du commun, un lieu à la fois clos et ouvert sur le monde,  cosmopolite ! 

J’aime observer le manège des clients et du personnel, dans les lobbies, ces écrins de designers qui rivalisent de bouquets de fleurs spectaculaires ou de sculptures étonnantes. Pour moi, le hall d’un hôtel est une scène de théâtre, chaque nouvel arrivant semble endosser un rôle, plus ou moins consciemment : il y a ceux qui redressent la tête, et les timides qui la baissent en pressant le pas.  Avant, on « descendait »  dans un palace , expression surannée qui laisse bien imaginer le décorum qui entourait une arrivée à Hyères, première station balnéaire de la Côte d’Azur, ou sur les rivages des lacs italiens et suisses, les Berlines, l’amoncellement de malles siglées, le tourisme sans réservations en ligne ni Tripadvisor.

Aujourd’hui la technologie nous accueille dès la réception : des systèmes informatiques sophistiqués nous reconnaissent et gardent en mémoire nos vins préférés et notre journal du matin. Dans les chambres,  on trouve, de plus en plus souvent, des tablettes digitales régissant à la fois les éclairages, les rideaux, mais aussi le service en chambre - il suffit de choisir ce que l’on veut manger et à quelle heure, en quelques pressions de l’index – ainsi que de nombreux services à l’intérieur comme à l’extérieur de l’hôtel.

Ce ne sont pourtant pas les prouesses technologiques que je retiens le plus de ces séjours, mais, par exemple, ce plan de Séoul marqué de traits de feutres multicolores et de post it,  que m’avait préparé spécialement la jeune concierge de mon hôtel. Je garde les sourires, les regards – on enseigne dans les écoles hôtelières l’importance de regarder son interlocuteur dans les yeux -, les bonjours de chaque employé croisé au détour d’un couloir, la courtoisie partout présente. C’est surtout cela qui fait que l’on se sent bien lorsque l’on ressort d’un tel environnement, encore chargé de ces ondes positives.

Le vrai luxe, ne serait-il pas, avant tout, cette chaleur humaine qui passe d’abord par le sourire, la distance la plus courte entre les gens, pour reprendre ce vieux slogan génial d’Austrian Airlines ? Et surtout cette attention envers l’autre, ce portier qui remarque ma toux et qui revient avec non seulement ma valise mais aussi une petite bouteille d’eau ?

Une écoute attentive, n’a pas besoin du cadre exclusif d’un palace pour réchauffer les cœurs. Ce luxe est gratuit, nous ne devrions jamais nous en priver et l’offrir sans compter à nos proches, et aussi aux autres; sur le trottoir, en souriant à un SDF qui demande autant – voire plus - notre considération que nos quelques euros. Croiser les regards de ceux qui n’ont aucun endroit où «  descendre », leur parler. Hélas, nous ne pouvons pas prendre sous notre aile chaque famille qui grelotte sur les trottoirs glacés de nos villes: la tâche est immense, collective ! Mais à titre individuel, nous avons tous cette capacité de regarder l’être, au-delà du paraître, d’offrir la considération qui va droit au coeur et d’oublier un peu la technologie, en levant les yeux de nos portables pour voir ceux qui nous entourent. Nous en serons nous-mêmes gratifiés. 

samedi 14 janvier 2017

Premier " Billet de Régine" ... dans le magazine 95°

Ecrire un billet?  Un billet d’humeur ? Carte blanche pour page blanche ? Trop tentant pour refuser cette fenêtre ouverte à de nouveaux lecteurs, moi qui écris des romans pour partager !

J’ai envie de décrire des impressions de lieux, de pays, de paysages… Raconter des découvertes gustatives, des rencontres inattendues, des observations cueillies à la volée.

Je voyage beaucoup, mais je continue de tourner la tête dans tous les sens, comme font les enfants, pour regarder ce qui m’entoure.

L’été, j’aime les champs qui défilent  de chaque côté du train, les balles de foin, les arcs en ciel que les jets d’arrosage laissent dans leur sillage. Même sur un trajet que je connais par cœur comme celui entre Paris  et le Midi, je découvre toujours un détail nouveau, au gré des saisons, de la lumière, du rythme de la musique que j’écoute : un château posé sur une colline, un clocher à demi-caché, un chemin de campagne apparu dans la courbe du train et qui disparaît à jamais derrière un bosquet : je me promets de le retrouver un jour, en voiture, de le suivre jusqu’au bout pour savoir s’il conduit à une fraîche bastide ou peut-être à une simple clairière…

En vol aussi, mon imagination s‘enflamme lorsque sur l’écran s’affiche la trajectoire de l’avion qui survole des étendues sur lesquelles mes pas  ne laisseront jamais d’empreintes: la neige immaculée de Terre-Neuve, la Sibérie, le désert de Gobi… Les océans les plus profonds, les sommets les plus hauts !

Je voudrais raconter les villes, les cafés qui interpellent, comme celui d’une ruelle commerçante de Séoul qui sert des desserts délicieux appelés «  flocons de neige ».

Décrire la nature qui se fait une (petite) place dans les espaces urbains, là où l’on ne l’attend pas ;  par exemple, sur les toits de l’hôtel Barbizon Palace, proche de la gare centrale d’Amsterdam,  sur lequel poussent des tomates, des herbes et autres légumes que l’on retrouvera sur la carte de leur restaurant. Ou sur celui du St Ermin’s : cet hôtel londonien, voisin de la résidence de Churchill,  n’est pas  seulement le lieu où se réunissaient les agents secrets pendant la seconde guerre mondiale: son toit abrite quelques ruches dont les abeilles produisent un miel qui a une curieuse particularité: en effet, son analyse a montré des résidus de pollen provenant de plantes exotiques – en plein milieu de St James ! Pas besoin de l’intervention du célèbre détective, Hercule Poirot,  pour dénouer ce mystère pourtant, il suffit de regarder un plan du quartier: le Palais de Buckingham est situé à seulement quelques coups d’ailes – et dans les jardins de Sa Majesté sont cultivées nombreuses espèces rares et lointaines : un vrai miel royal, donc !

J’espère que mes notes de nomade trouveront un écho, et qui sait, provoqueront des réactions, un dialogue même – hors champ.

Alors, à très vite, rendez-vous pris !


Il n'est pas trop tard pour vous souhaiter....UNE BELLE ANNEE!





... Alors, voici du gui, pour les baisers, et une flamme, pour l'espoir!!!


Que 2017 voit la réalisation de vos voeux les plus fous, car on ne vit qu'une fois!




mercredi 17 février 2016

Prends-en de la graine... Parce que consommer, c'est aussi militer!

Prends-en de la graine, c'est un premier numéro papier et aussi un site:http://www.prendsendelagraine.org http://www.prendsendelagraine.org



J'ai la chance de contribuer à cette publication initiée par Marion Kaplan, nutritionniste, disciple de la Doctoresse Kousmine et qui depuis de nombreuses années "milite" pour une alimentation "raisonnée".



Beaucoup d'articles de fond, souvent étonnants - et même des recettes, notamment de Marie-Sophie L.






J'y parle de l'alimentation du bébé chinois...

La suite, en Juin!






mercredi 25 novembre 2015

Véronique, Ludovic, Matthieu et les autres...

@Twitter
Il fallait plus d'une semaine, pour tenter de réaliser l'irréalisable. Il faudra, en fait, bien davantage, c'est évident.

Après le manque de mots, il y a le besoin d'écrire.

Avec comme beaucoup d'entre nous, ces prénoms dans la tête, Véronique, Ludovic, Matthieu, Marie, Romain, Thomas, Nathalie, Lola, Gilles, Grégory, Pierre, Aurélie, Halima, Justine, Houda, et tous les autres, la liste est si vertigineusement longue.

Leurs prénoms en boucle, et leurs photos, leurs sourires des beaux jours qui défilent sur les écrans et les pages de nos journaux. Et dans nos nuits blanches.

Ce sont les amis, les enfants que l'on avait ou aurait pu avoir.

Leur diversité nous interpelle, c'est celle qui caractérise les spectateurs d'un match de foot ou d'un concert:  un métissage d'individus qui échangent des regards complices, des acclamations pour un but tiré in extremis, quelques pas de danse au rythme d'un orchestre, des applaudissements pour une équipe, des musiciens, une passion partagée. Un moment rare où l'on prend le temps, dans nos quotidiens individuels et trop bousculés, d'être à l'unisson, de se lever " comme un seul homme".

J'ai souvent éprouvé un frisson de chair de poule, au milieu d'une telle foule, en ressentant l'émotion d'un bref instant de communion laïque, cet "ensemble, c'est tout", comme dirait Anna Gavalda, que nous procurent la musique ou le sport.

Ce sinistre vendredi 13 a frappé des hommes et des femmes qui s'étaient réjouis, peut-être longtemps à l'avance, de cette date qui allait leur être fatale; qu'ils l'avaient entourée dans leur agenda, rendez-vous au Bataclan, au Stade de France, on y sera, promis!

Ou bien spontanément, pour prolonger une conversation, pour commencer le week-end, viens, on va prendre un verre avant de rentrer, l'air du soir est exceptionnellement doux pour un mois de Novembre... Cette " convivialité" encore, au sens premier du terme, que l'on célèbre, sans vraiment la nommer, dans les bistrots parisiens, ces lieux de petits rites (...) privilégiés pour éprouver, vivre et ressourcer la relation sociale. L'anthropologue Marc Augé souligne d'ailleurs que Paris est sans doute la seule ville au monde qui offre des possibilités innombrables, où que l'on soit, de s'asseoir pour prendre un verre. 

J'ai reçu des messages, certains de contacts un peu perdus de vue, qui voulaient savoir si j'étais à Paris, qui s'inquiétaient; soulagés d'apprendre que même si mon père et plusieurs personnes très chères à mon coeur étaient passés tout près de ces lieux de drames, ils allaient bien.

Soulagement, certes immense, mais qui, hélas, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes tous concernés par les victimes de cette barbarie: comme la maladie devient plus tangible lorsqu'elle frappe un de nos proches, le danger devient plus palpable lorsqu'il s'attaque à notre Paris. Mais cela nous ramène immanquablement aux autres morts, à toutes les victimes dans des pays pas si lointains, qui subissent et trop souvent succombent à la violence de cette terreur organisée.

Notre chagrin et notre résistance se doivent collectifs, pour lutter globalement, ensemble encore, et empêcher que cette folie annoncée ne devienne ordinaire.

Comme le faisait remarquer un commentateur à la radio, le courage n'exclut pas la peur, et j'ajouterais, ni le goût de vivre. Contre ceux pour lesquels elle ne compte pas, nous nous devons d'aimer encore plus la vie.  Je suis en train de lire le dernier ouvrage de Philippe Delerm : ses " belles raisons d'habiter sur terre" prennent une résonance particulière en ces jours de deuil.

La vie continue, comme le disent admirablement des parents de victimes du 13 novembre. Rien n'est  exactement pareil, pourtant.

Paris sera-t-il toujours Paris? Oui, Paris sera toujours Paris, mais comme l'a écrit Murakami au début de son roman  "1Q84",  ce que l'Histoire enseigne de plus important aux hommes pourrait se formuler ainsi: " A l'époque, personne ne savait ce qui allait arriver".

Soyons vigilants!
Et vive la vie!




samedi 22 août 2015

Séance de dédicaces et de lecture, librairie Mille Paresses, Le Pradet, Var, France

... le temps file, c'était déjà le mois dernier!

Belle matinée ensoleillée pour revoir des lecteurs et en connaître d'autres, moments d'échanges, souvent d'émotions sur fond de musique de Luiz Avellar...

Et puis, la lecture d'une des Nouvelles de lui - la Passeuse de codes-barres-, quelques verres de rosé, un moment d'amitié littéraire, avant d'aller paresser avec d'autres livres, sous le figuier...

( erratum dans l'article: " Deux ou trois choses à te confier, journal d'une mère d'adolescente"...)

in Var Matin

dimanche 31 mai 2015

Mille Paresses...

Heureuse que mes romans se trouvent aux librairies Mille Paresses de Carqueiranne et du Pradet dans le Var ( France, Côte d'Azur)
Des librairies telles qu'on les aime, en tant que lecteurs et auteurs - des coins, des recoins et la générosité des livres partout- ainsi que celle de la libraire, Hélène Pinel!!


http://www.milleparesses.com/index.asp

samedi 7 mars 2015

G... comme Gâteaux ( Abécédaire chinois)

G... comme Gâteaux: oui, la Chine a ses tartes à la crème, et pas seulement des crackers aux dattes ou des mochis au thé vert et haricots rouges d'inspiration japonaise ou taiwanaise!

Je vais d'ailleurs laisser les images parler par elles-mêmes, cette fois!

Que ce soit des boutiques dans la rue ou dans les centres commerciaux de Shanghai,  beaucoup de pâtisseries à emporter; elles ne sont pas mangées à la fin d'un repas, certes, mais peuvent accompagner un anniversaire, une fête de départ, une occasion spéciale.

Beaucoup de crème, mais aussi des mousses souvent à la mangue ou aux fruits rouges, des gâteaux roulés à la confiture ou à la crème - toujours, des macarons. Le chocolat est aussi très apprécié - on trouve des forêts noires. Mais pas de tartes, en revanche... à part des Pastel de Nata, ces petits flans en forme de tartelettes un peu creuses d'origine portugaise, très présents évidemment aussi à Macao.

Année de la Chèvre oblige, les gâteaux s'amusent, en couleurs!

Ichido, avec un coeur sur le "i", est une petite chaîne de boulangeries-pâtisseries, qui existe depuis 1997 : c'est un plaisir de prendre un plateau, d'y poser une feuille de papier blanc, de soulever le battant transparent des présentoirs pour saisir une brioche ou un croissant à l'aide d'une pince. A la caisse, une employée avec des gants, range soigneusement chaque article dans des emballages adéquats, tandis qu'une autre rend la monnaie et on repart, content, avec un joli sac, en papier ou isotherme mais toujours élégant, à la main. La plus grande hygiène est respectée - beaucoup de boulangeries françaises pourraient s'en inspirer - Paul l'a peut-être fait.

J'aime aussi Ichido car, à côté d'excellents pains de mie, traditionnels, au lait, aux haricots rouges ou au thé macha, on y trouve les meilleures baguettes de Shanghai!



                Bon appétit!